La ministre de la Santé Agnès Buzyn a annoncé la création d’une étude des risques sanitaires à long terme, lors de l’installation d’un « comité pour la transparence et le dialogue ». (©RT/76actu/archives)
La ministre de la Santé Agnès Buzyn a participé au « comité pour la transparence et le dialogue », en présence d’Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et de Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture, vendredi 11 octobre 2019. Elle a annoncé la création d’une « étude des risques sanitaires » à long terme.
Cette réunion a réuni autour de la table le préfet de Seine-Maritime Pierre-André Durand, des parlementaires, des représentants de milieux associatifs, des syndicats, des personnalités du monde médical et les dirigeants des entreprises Lubrizol et Normandie Logistique.
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Une étude pour analyser l’éventuel impact sanitaire
Une étude de risque sanitaire va être mise en place. Elle sera réalisée « sur la base de l’ensemble des résultats disponibles après tous les prélèvements réalisés ». L’objectif devra être d’analyser l’éventuel impact sanitaire quant à l’exposition chronique de la population. « Elle apportera des éléments clés pour renforcer la surveillance épidémiologique adaptée à plus long terme qui pourra être mise en place. Elle permettra également d’évaluer s’il pourra s’agir d’une surveillance médicale ou de bio-surveillance de la population », a déclaré la ministre.
Mais la ministre ajoute que les conclusions de cette nouvelle enquête ne seront disponibles que « d’ici plusieurs semaines ». Agnès Buzyn est également revenue sur les mesures de restrictions agricoles dans 112 communes de Seine-Maritime : « C’était la seule mesure capable d’éviter l’exposition des populations, notamment des plus vulnérables comme les femmes allaitantes. Grâce à cette mesure, elles peuvent continuer à allaiter. »
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246 passages aux Urgences
Avec ces nouvelles déclarations, Agnès Buzyn souhaite rassurer la population. Le jeudi 26 et vendredi 27 septembre 2019, 246 passages aux Urgences supplémentaires ont été enregistrés. Neuf personnes ont été hospitalisées durant la « phase aiguë » de la catastrophe.
Rouen : les premiers éléments d'analyse ne signalent pas de danger immédiat pour la santé, mais nous continuons le travail pour mesurer avec rigueur tous les impacts sanitaires à court, moyen et long terme.
— Agnès Buzyn (@agnesbuzyn) October 11, 2019
La ministre s’était déjà rendue à Rouen au lendemain de la catastrophe industrielle, vendredi 27 septembre 2019, pour rencontrer les équipes de secours mobilisées et évoquer l’avancée des analyses menées sur l’air et l’eau.
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Des « dioxines en cours d’analyse »
L’autre sujet abordé au cours de cette réunion concerne les dioxines, ces molécules cancérigènes, des perturbateurs endocriniens. La ministre de la Santé a déclaré qu’ils étaient « en cours d’analyse ».
Et d’après les tous premiers éléments relevés par Roger Genet, directeur général de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES), les résultats « sont rassurants ». Les analyses sont étudiées par un comité de huit experts indépendants, issus de différentes structures.
« Le comité d’experts s’est réuni hier. Je peux aujourd’hui donner des informations sur la production laitière, car c’est le nombre d’analyses le plus important dont nous disposons, soit près de 87 sur les 230 prélèvements analysés », a-t-il ajouté. La production laitière est un réel indicateur de la qualité environnementale et de la pollution environnementale, car les vaches en assimilant les dioxines, les accumulent dans les graisses et donc dans le lait.
Ces résultats montrent des niveaux aujourd’hui inférieurs ou équivalents à l’ensemble des plans de contrôle au niveau national. On n’a pas de valeur supérieure.
Analyses : élargir la liste des substances à rechercher
Dans deux rapports publiés jeudi 11 octobre 2019, les agences sanitaires et d’évaluation des risques de l’Anses et Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) recommandent d’étendre la surveillance des substances générées par l’incendie de l’usine Lubrizol, que ce soit leur nombre ou les lieux où les chercher. L’Anses invite à rechercher d’autres traces métalliques (nickel, arsenic inorganique, zinc), les phtalates ainsi que les retardateurs de flamme utilisés par les pompiers pour éteindre l’incendie. Car jusqu’à présent, les substances recherchées ont été pour l’essentiel des dioxines, des furanes, du PCB, des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).
L’Institut recommande notamment de réaliser à plus long terme des prélèvements de sol en profondeur (jusqu’à 20-30 cm), et plus simplement en surface, de prélever des eaux de surface en amont et en aval des rejets du site, ainsi que sur les eaux souterraines. Car le risque est que certains animaux d’élevage mangent de la terre en broutant ou en picorant.
Avec AFP