De nombreux policiers ont été mobilisés pendant l’incendie de Lubrizol à Rouen. Aucun ne possédait d’équipement spécifique. (©RT/76actu)
Lors de l’incendie de Lubruizol, les premiers à intervenir ont été les policiers : un équipage de la brigade anti-criminalité et police secours. Beaucoup ont suivi ensuite. Déjà, « une trentaine de collègues ont déposé plainte contre X en leur qualité de policier et ça va être exponentiel », assure Frédéric Desguerre d’unité SGP police FO, à l’issue d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire, mercredi 9 octobre 2019.
Lors de cette réunion, présidée par le préfet de Seine-Maritime Pierre-André Durand, les syndicats de policiers rouennais ont obtenu du CHSCT central « la constitution d’une délégation d’enquête afin d’avoir la transparence la plus complète sur les risques encourus sur la santé et la sécurité des policiers intervenants », se réjouit Alliance police nationale. « On peut être satisfait, parce que cela garanti une neutralité », appuie Frédéric Desguerre.
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« Nous n’avons pas de suivi médical, ce n’est pas normal »
De plus, à l’issue de cette réunion présidée par le préfet de Seine-Maritime, Pierre-André Durand, il a été décidé du changement de tous les filtres d’habitacle des véhicules en intervention le jour de la catastrophe, jeudi 26 septembre 2019. Les ventilations et façades des commissariats de Rouen seront également nettoyées.
Plusieurs autres requêtes restent en suspens. Karim Bennacer, secrétaire départemental du syndicat Alliance, demande la mise en place d’un « suivi médical individualisé des fonctionnaires » : « Les pompiers bénéficient d’un suivi médical spécifique, alors que nous, nous n’avons rien. Le préfet nous rétorque qu’on doit avoir le même régime que le reste de la population, parce que nous n’étions pas sur le site même. Ce n’est pas normal. » Même demande de la part d’Unité SGP police FO qui demande le renfort d’un médecin supplémentaire, « parce qu’un seul médecin pour 700 personnels, ça ne peut pas le faire », précise Frédéric Desguerre.
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Autre exigence du syndicat Alliance : « L’écriture d’un protocole d’intervention sur les sites SEVESO avec une formation, et des équipements de protection adaptés. » « Nous sommes dans un département particulier, avec une soixantaine d’usines Seveso, et nous n’avons jamais fait d’exercice en commun avec les pompiers », regrette Karim Bennacer. Frédéric Desguerre a également demandé à ce que « les collègues qui restent à l’hôtel de police soient aussi formés sur les mesures de confinement, lors d’un attentat chimique, par exemple ».