Lors de la journée du souvenir de la Déportation, dimanche 28 avril 2019, les élus communistes ont pu déposer une gerbe, mais seulement à l’issue de la cérémonie. (©DR)
Le préfet de Seine-Maritime a décidé d’interdire aux élus communistes de Rouen de déposer une gerbe en hommage aux déportés lors de la cérémonie officielle du souvenir des héros et victimes de la Déportation, dimanche 28 avril 2019. Ils ont pu le faire seulement en fin de cérémonie. « Atteinte à l’unité de la nation », regrettent les communistes. « Neutralité », répond la préfecture de Seine-Maritime.
« Ça n’a jamais été un souci »
[ Communiqué ] Le Préfet de Seine Maritime prétend exclure les élu.e.s communistes du dépôt de gerbe lors de la cérémonie officielle du souvenir de la Déportation ! https://t.co/Trv7SEZCjc #Rouen #déportation pic.twitter.com/la6g2NoL05
— ElusCommunistesRouen (@eluspcfrouen) April 28, 2019
« Depuis 1983, régulièrement, on dépose des gerbes lors des cérémonies sans que cela ne pose de problème. Avec 15 préfets et cinq maires de Rouen successifs, ça n’a jamais été un souci. C’est un traitement inhabituel. On demande au préfet de revenir sur cette décision », indique Didier Chartier, co-président du groupe communiste au sein du conseil municipal, qui souligne que « les communistes ont été une composante active et reconnue du combat contre les nazis et le régime de Vichy ». « L’association les Oublié-es de la Mémoire et les quatre cultes ont pu déposer une gerbe. Pour nous, il y a une iniquité », conclut Didier Chartier.
« La stricte neutralité est très importante »
Pour Benoît Lemaire, directeur de cabinet du préfet Pierre-André Durand, fraîchement nommé, il n’est nullement question de « remettre en cause l’héritage ou l’histoire locale ». C’est une question de principe :
Pour les cérémonies nationales, nous avons un protocole à appliquer. Il n’est pas possible qu’une cérémonie nationale prenne une connotation politique. La stricte neutralité est très importante.
Le sous-préfet ne veut pas répondre des pratiques passées, mais précise avoir pris contact avec le groupe communiste à son arrivée à Rouen, en septembre 2018, pour expliquer que les coutumes anciennes posaient visiblement problème. « J’ai pris la peine de vérifier le protocole auprès du secrétariat d’État aux anciens combattants et je les ai reçus pour leur expliquer. Ce n’était pas une surprise », assure Benoît Lemaire.
Lors de l’anniversaire de la Libération de Rouen, en août 2018, l’ancienne préfète Fabienne Buccio, avait déjà refusé un dépôt de gerbe aux communistes. « On a avait cru comprendre qu’on pouvait trouver un terrain d’entente », réagit Didier Chartier. Visiblement, non. La préfecture n’a pas l’intention de revenir sur cette « règle simple ».