Des frais illégaux à l’entrée des écoles d’infirmiers sont dénoncés par des étudiants, près de Rouen (Seine-Maritime). (©Illustration/Adobe Stock)
Mardi 13 août 2019, l’association du Rouvray des étudiants en soins infirmiers solidaires (Aresis) a envoyé un communiqué de presse pour dénoncer des « frais illégaux » à l’entrée dans l‘Institut de formation en soins infirmiers (IFSI) de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen (Seine-Maritime) :
En plus des 170 euros obligatoires d’inscription et des 91 euros de Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), les étudiants doivent donner 75 euros à leur entrée dans l’établissement pour la blouse professionnelle. Ce n’est pas normal, nous ne sommes pas censés payer cette blouse.
L’association du Rouvray assure que ces 75 euros « peuvent mettre en porte-à-faux certains étudiants ». « Dans un budget étudiant, 75 euros, c’est beaucoup. Nous voulons entrer dans une discussion avec la direction pour pouvoir faire annuler ces frais illégaux. L’idée est vraiment de pouvoir ouvrir les études d’infirmiers au plus grand nombre. »
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Une mobilisation nationale
Ces 75 euros, demandés à l’inscription, ne sont pas des nouveaux frais. « Cela fait plusieurs années que ça dure », assure l’Aresis. Si l’association du Rouvray se mobilise maintenant, c’est parce qu’elle s’inscrit dans une mobilisation nationale, menée par la la fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi).
« En effet, aujourd’hui, ce sont plus de 36 000 étudiants concernés par cette taxe illégale, assure Clara Hammer, l’attachée de presse de la Fnesi. Un étudiant en soins infirmiers ne doit normalement s’acquitter qu’uniquement de la Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) d’un montant de 91 euros, ainsi que des droits annuels d’inscription universitaire de 170 euros. Et pourtant c’est près d’une institution publique sur deux qui ne respecte pas cette loi, appliquant des frais parfois faramineux pouvant atteindre 335 euros supplémentaires par étudiant, représentant 3,9 millions d’euros par année. »
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« Les étudiants n’ont pas à payer le désengagement de l’État »
Pour Clara Hammer, depuis plusieurs années, ces « frais illégaux » ne font qu’augmenter « pour des frais pédagogiques, de fonctionnement, des tenues professionnelles… » :
Ces frais complémentaires existent depuis un moment, mais il y en a de plus en plus et ils sont de plus en plus élevés. Le passage de la formation à Parcoursup et la suppression du concours payant doivent mettre en difficulté les IFSI. Mais ce ne sont pas aux étudiants de payer le désengagement de l’argent public.
« Les directions des IFSI, les Régions, l’État… Tout le monde se renvoie la balle, continue Clara Hammer. Nous demandons à comprendre le fléchage de l’argent public pour les IFSI. »
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« Refusez de payer ! »
La Fnesi et l’association du Rouvray appellent tous les étudiants en soins infirmiers à payer les 170 euros obligatoires et les 91 euros de CVEC, « mais pas un centime de plus ! »
L’Aresis s’engage à accompagner chaque étudiant qui refusera de payer les « frais illégaux », « quelle que soit la démarche qu’il faudra amorcer, qu’elle soit administrative ou juridique », martèle l’association du Rouvray.
Contactés, la direction de l’IFSI de Saint-Étienne-du-Rouvray et la Région Normandie n’ont pas pu répondre à nos questions avant la mise en ligne de cet article.
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