La mise en examen de deux professionnels de santé pour administration de Midazolam à des patients en fin de vie fait réagir le président de la Fédération des médecins de France. (©Illustration/Adobe Stock)
Après la mise en examen d’un médecin d’Angerville-la-Martel près de Fécamp (Seine-Maritime) et de son épouse, anesthésiste dans une clinique, le président de la Fédération des médecins de France (FMF) a réagi dans un interview accordé au Parisien.
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Une situation « insupportable »
Il est reproché aux deux professionnels de santé seinomarins d’avoir administré à cinq patients en fin de vie, dont les corps ont été exhumés, du Midazolam. Jean-Paul Hamon, le président de la FMF, dénonce une situation « insupportable ».
Il réclame le droit d’administrer des médicaments comme le Midazolam, pouvant être utilisé pour mettre en œuvre une sédation profonde jusqu’à la mort.
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« Ce n’est pas de l’euthanasie »
« On veut avoir le droit d’administrer des sédatifs comme le midazolam, jusqu’alors réservé au milieu hospitalier, affirme Jean-Paul Hamon dans le Parisien, soulignant qu’il ne s’agit pas d’euthanasie. C’est une étape supplémentaire dans la prise en charge de la douleur. »
Le président de la FMF questionne : « Que fait-on des patients atteints de cancers incurables au stade terminal, des personnes âgées voulant mourir chez elles mais que la morphine ne peut même plus calmer ? On les laisse dans d’atroces souffrances et on dit à la famille, impuissante, que l’on ne peut rien faire ? »
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Une pratique « courante »
Jean-Paul Hamon reconnaît auprès du Parisien avoir aidé des patients à partir, dans le passé. « C’est arrivé, affirme-t-il. Je n’ai jamais utilisé du Midazolam mais d’autres anxiolytiques. » Une pratique courante, selon le président de la FMF. Selon lui, « la France serait un Sahara médical » s’il « fallait interdire d’exercice tous les médecins généralistes qui prennent en charge la fin de vie, sans être tout à fait dans les règles ».
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