Féminicides : des slogans collés aux murs pour condamner le meurtre de Johanna, au Havre

Féminicides : des slogans collés aux murs pour condamner le meurtre de Johanna, au Havre

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Sur les rives du bassin du commerce, un message rappelle les conditions du décès de Johanna Tilly, poignardée sous les yeux de ses trois enfants par son ex-conjoint. (©DR)

« Papa, il a tué maman », « Elle le quitte, il la tue », « Marre de compter nos mortes », « Es-tu plus homme de m’avoir tuée ? »… Sept slogans ont fait leur apparition, dimanche 22 septembre 2019, dans les rues du centre-ville Havre (Seine-Maritime).

Tous font réaction au meurtre de Johanna Tilly, poignardée par son ex-conjoint devant une grande surface du quartier de l’Eure, lundi 16 septembre 2019. Plus largement, ils dénoncent les féminicides, portés à 109 en France depuis celui de Maisons-Laffitte (Yvelines), vendredi. 

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« Rendre visible ce que tout le monde sait depuis longtemps »

Selon nos informations, ces collages militants émanent d’un groupe de sept jeunes femmes havraises, « toutes touchées par la question de l’égalité ». Évoluant « hors étiquettes », elles ont souhaité « rendre visible ce que tout le monde sait depuis longtemps », développe Alice, l’une des colleuses.

« Tout le monde est touché, on l’a vu avec la mobilisation de mercredi [La marche en la mémoire de Johanna dans les rues du Havre, Ndlr] ». « On se rend compte que ça intéresse beaucoup de personnes. C’est assez médiatisé. »

On voulait rentrer là-dedans. Et se réapproprier l’espace public où, visiblement, on peut se faire trucider comme ça, dans la rue.

« On voit qu’elle n’a pas été écoutée »

« On ne laisse pas faire ces choses-là. On a toutes nos raisons de le faire, mais on réclame toutes des mesures de précaution pour les femmes qui portent plainte. Cette situation est vraiment flippante, parce qu’on voit qu’elle n’a pas été écoutée [Une plainte pour violences déposée le 11 août 2019 par la jeune femme avait été classée sans suite par le parquet trois jours plus tard, Ndlr] ». 

Devant le Volcan, un slogan interpelle les services publics. "Que fait la justice ?"

Devant le Volcan, un slogan interpelle les services publics. « Que fait la justice ? » (©DR)

Alice appelle « à de meilleures formations pour les policiers qui reçoivent les plaintes». « On dit toujours que les filles sous emprise de leur mari sont dans des processus où c’est difficile de parler, d’en sortir. Là, on voit qu’elle a essayé de le faire et qu’elle n’a pas été écoutée. Au-delà de tout ça, je dénonce un système un peu général où les hommes peuvent tuer leurs femmes parce qu’elles les quittent. »

Alice ne souhaite pas qualifier cette action collective de féministe.

Est-ce que c’est être féministe que de défendre ça ? On a pas besoin d’être féministe pour dire non à ça. Tout le monde devrait pouvoir dire à ces choses-là sans se revendiquer. 

Par ailleurs, rien n’a été affiché à proximité de la grande surface où a été poignardée la victime. « C’était un peu frais et on ne voulait pas que cela soit traumatisant pour les gens qui habitent autour. On ne voulait pas trop insister… ». Par souci de décence, le prénom de la défunte n’a pas non plus été ajouté aux messages. 

Cet affichage est une référence aux œuvres de Marguerite Stern, une ancienne Femen qui multiplie les appels sur les réseaux sociaux pour dénoncer les féminicides dans les lieux où ils interviennent. Plus tôt, la militante parisienne avait déjà publié un message collé au Havre, sur sa page Facebook. Y était rédigé : « Johanna, tuée par son mari, devant ses enfants le 16.09.19. Elle avait déposé plainte. »

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Le 39 19.
Il est conseillé à toute femme victime de violences de se manifester auprès de son médecin, d’une association ou des services de police. Deux numéros peuvent être composés pour recevoir écoute, conseils et informations : le 39 19 ou le 0 800 05 95 95 « SOS Viols Femmes Informations ». En cas d’urgence, il est conseillé d’appeler le 17 ou le 112.

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