ENTRETIEN. Le photographe Dark Taz expose ses clichés de lieux à l’abandon à Rouen

ENTRETIEN. Le photographe Dark Taz expose ses clichés de lieux à l’abandon à Rouen

L'artiste Dark Taz présente une sélection de ses meilleurs clichés à la Maison du piano, à Rouen, à partir du 29 novembre 2019. Sont thème de prédilection : les lieux à l'abandon.

L’artiste Dark Taz présente une sélection de ses meilleurs clichés à la Maison du piano, à Rouen, à partir du 29 novembre 2019. Sont thème de prédilection : les lieux à l’abandon. (©Dark Taz)

Après avoir voyagé dans de nombreux pays, le photographe Dark Taz revient sur ses terres à Rouen (Seine-Maritime) pour proposer une nouvelle exposition, à la maison du piano, du 29 novembre au 31 décembre 2019. Ces photos montrent des lieux exceptionnels comme un centre commercial en ruines, des parcs d’attractions, des cimetières de bateaux, des navettes spatiales à l’abandon…

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« Je ne cherche plus la quantité »

Comment partez-vous à la découverte de tous ces lieux ?
À mes débuts, j’avais tendance à partir un peu à l’aventure, sans trop réfléchir, avec quelques précautions de sécurité bien sûr. Aujourd’hui, c’est différent pour deux raisons. La première, c’est que la pratique s’est énormément développée et quand on était une poignée de visiteurs il y a quelques années, maintenant on est des centaines. On est obligé d’être plus prudent, de s’informer davantage sur les lieux, car des propriétaires/voisins sont excédés de voir des gens plus ou moins respectueux visiter des lieux abandonnés. Ensuite, avec le temps, j’ai visité énormément d’endroits variés et différents, maintenant, je ne cherche plus la quantité, mais les lieux chargés d’histoire, ou avec une valeur architecturale ou les lieux vraiment usés par le temps.

En dehors de tout cela, la prudence reste de mise. J’ai travaillé dans les chantiers de rénovations pendants dix ans, donc je sais repérer plus facilement ou marcher, les points dangereux à surveiller, je préviens des lieux où je vais au cas où, je m’équipe en conséquence et je pars avec des gens de confiance généralement sauf pour la toiturophilie ou j’ai tendance à être seul.

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« Un voyage dans le temps époustouflant »

Quel est le plus de l’urbex ?
Aujourd’hui il y a beaucoup (trop ?) de gens qui font de l’urbex [exploration urbaine, NDLR]. Et pour l’immense majorité d’entre eux, c’est toujours « l’adrénaline, le goût de l’interdit » qui revient sans cesse. Pour ma part ça m’ennuie cet aspect-là. J’ai toujours une certaine fierté à réussir à prendre des photos là où d’autres ont échoué, mais si je pouvais tout faire avec autorisation, j’en éprouverais encore plus de plaisir.

Explorer des lieux abandonnés, c’est souvent pour moi une réelle émotion. Avoir la chance de visiter ce que très peu de gens voient, une tranche d’histoire parfois, c’est vraiment des moments uniques que je n’ai plus envie d’explorer en catimini. Je voudrais pouvoir prendre le temps d’apprécier, d’admirer, et d’essayer de donner le meilleur en photo pour que les gens puissent percevoir eux aussi une profonde émotion en regardant la photo. Parfois, le temps s’est arrêté, parfois la nature a repris ses droits, parfois, c’est une tranche d’histoire incroyable qu’on a sous les yeux, comme lors de l’exploration des navettes spatiales abandonnées soviétiques. C’est un voyage dans le temps époustouflant.

Comment êtes-vous venu à ce type de photographie ?
Assez simplement, j’explorais des lieux abandonnés pour le plaisir depuis mon adolescence, et puis à l’âge adulte, quand j’ai commencé la photographie, je me suis dit que ce serait bien de ramener des souvenirs pour montrer ma passion. Rapidement les photos souvenirs sont devenues plus sérieuses avec les conseils avisés d’un ami photographe.

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Infos pratiques :
À la Maison du piano, 43 place du Général-De-Gaulle, à Rouen.
Du mardi au samedi, de 9h30 à 13 heures et de 13h30 à 19 heures.
Entrée libre.

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