La construction du phare de la ville éphémère a démarré mardi 25 juin 2019, à midi, au Havre (Seine-Maritime) (©J-B M/76actu)
« À trois, on pousse ! Un… Deux… » D’un même effort, la soixantaine de bénévoles présents sur le quai de Southampton au pied de la Catène, dans l’après-midi du mardi 25 juin 2019, soulèvent le phare éphémère, pour y ajouter un étage.
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Une fois les cartons posés, la structure stabilisée, c’est le moment de coller. Et les rouleaux de ruban adhésif de se dérouler en cœur. La mécanique est rodée, le chef de chantier courant dans tous les sens, donnant des instructions avec sa voix qui porte.
Une soixantaine de bénévoles sont présents pour faire se hisser le premier édifice de cette ville éphémère, qui sera terminée samedi… puis détruite dimanche ! pic.twitter.com/9mCHuXdxRk
— Jean-Baptiste Morel (@JB__Morel) 25 juin 2019
Il fait la moue : la structure n’est pas complètement droite. Il va falloir la rééquilibrer, et donc la porter à nouveau quelques secondes pour ce faire. « Un… Deux… » Mohamed écoute les instructions et s’exécute. Lui est arrivé depuis le midi, et sera là « presque tous les jours » jusqu’à ce que la ville éphémère soit terminée, normalement vendredi. Demandeur d’asile venu de Guinée, il se réjouit de « partager des moments avec plein de gens » dans le cadre de ce projet.
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L’oeuvre sera détruite dimanche
Voilà, la structure est de nouveau stable et droite. On peut coller, cette fois. À quelques mètres, celui qui distribue les rouleaux de ruban adhésif, c’est Aymeric. Béat d’admiration devant la vitesse de construction du phare, cet étudiant en architecture à l’école de Darnétal originaire du Havre, est « en vacances », et a pour l’occasion décidé de venir épauler l’équipe de bénévoles. Évidemment, il voit « des similitudes » entre le phare en construction et ses études. « Ça devrait tenir ! », pronostique-t-il.
L’oeuvre imaginée par l’artiste-plasticien Olivier Grossetête dans le cadre du festival Un été au Havre et intitulée Cités Oubliées, se construira jusqu’au vendredi 28 juin, pour une inauguration le lendemain, et une destruction par le public le dimanche soir. Et lorsqu’on demande à Mohamed si le fait de construire quelque chose qui a vocation à être détruit ne l’embête pas, lui répond tout sourire que « sans cette oeuvre, on ne se serait jamais tous rencontrés : c’est ça, l’essentiel ! »
• EN IMAGES. La construction des Cités Oubliées au Havre :









