Julie Grenet a été la lad du champion Aubrion du Gers durant cinq années. (©DR)
C’était le « mardi 16 juillet », se rappelle-t-elle. Au sulky du meilleur trotteur de France à l’époque, son chouchou Aubrion du Gers, Julie Grenet s’accidente violemment. Le cheval ne survit pas à ses blessures, la jeune femme, originaire de Rouen (Seine-Maritime), est bien amochée, et surtout traumatisée. Huit mois plus tard, elle raconte.
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Comment l’accident est-il survenu ?
Julie Grenet : J’étais la lad d’Aubrion du Gers depuis cinq ans. Comme régulièrement, ce matin-là, je l’ai attelé et amené sur la piste, chez Jean-Michel Bazire. Les garçons de l’écurie tournaient corde à droite, alors je les ai suivis. Une autre personne travaillant à l’écurie a pris la piste dans l’autre sens. On s’est retrouvé face-à-face… J’ai voulu éviter l’accident, mais c’était trop tard.
Les deux chevaux sont morts sur le coup, moi j’ai été touchée à l’arcade sourcilière et me suis cassé le nez, ainsi que le tibia et le péroné gauche. J’ai passé une semaine à l’hôpital.
« C’était le cheval de ma vie »
Au-delà de la douleur physique, comment retrouve-t-on le moral lorsqu’un tel drame survient ?
Moralement, je suis toujours suivie… Aubrion, c’était le cheval de ma vie. J’avais une telle complicité avec lui… On a connu des moment incroyables ensemble, en France comme à l’étranger. J’ai tout perdu du jour au lendemain.
Comment ont réagi les propriétaires du cheval, qui à l’époque était sûrement le meilleur trotteur du monde ?
Jean-Pascal Braguato m’a contactée tous les jours, lorsque j’étais à l’hôpital, pour prendre de mes nouvelles.
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Direction les États-Unis
Et les chevaux, pour vous, c’est désormais du passé ?
Après l’accident, je me suis dit : « Les chevaux, pour moi, c’est fini. » J’ai voulu me rapprocher de ma famille, et je suis revenue à Bourg-Achard. Mais en fait, je me suis vite rendu compte que les chevaux me manquaient.
Un entraîneur basé aux États-Unis a pris contact avec moi pour que je vienne travailler à ses côtés. D’abord, j’ai refusé, mais il est revenu à la charge. Et moi, c’est peut-être idiot, mais je me dis qu’Aubrion, de là-haut, il a envie que je m’occupe de ses petits copains. Alors j’ai finalement accepté.
Et vous partez donc aux États-Unis ?
C’est ça. J’ai décidé d’y partir, dès la mi-avril. Il faut rebondir, maintenant. Maronner ne fera rien changer.