Élections municipales : pourquoi ne va-t-on pas élire son maire dimanche ?

Élections municipales : pourquoi ne va-t-on pas élire son maire dimanche ?

Les citoyens vont élire le nouveau conseil municipal de leur commune, mais pas leur nouveau maire directement, les 15 et 22 mars 2020.

Les citoyens vont élire le nouveau conseil municipal de leur commune, mais pas leur nouveau maire directement, les 15 et 22 mars 2020. (©RT/76actu)

Le président de la République, Emmanuel Macron a fait le choix de maintenir les élections municipales les 15 et 22 mars 2020. Ce rendez-vous démocratique n’est donc pas contrarié par l’épidémie de coronavirus. Les citoyens sont donc appelés aux urnes pour renouveler leur municipalité. Mais saviez-vous que ce n’est pas l’électeur qui vote pour son ou sa futur(e) maire ? C’est notre question pas si bête du jour.

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Les citoyens élisent des conseillers municipaux pour six ans. Ces élus auront ensuite la charge, ultérieurement, d’élire le maire et ses adjoints. Ce sont les articles L260 à L262 du code électoral qui régissent ce mode de scrutin par liste à deux tours.

La tête de liste du Havre ne sera pas maire

L’exemple le plus marquant est celui du Havre (Seine-Maritime). Les partisans d’Édouard Philippe sont sûrs d’une chose : leur prochain maire, ça ne sera pas lui, puisque le Premier ministre a déjà annoncé qu’en cas de victoire, il resterait à Matignon tant qu’il aura la confiance du président. Si sa liste l’emporte, c’est l’actuel maire Jean-Baptiste Gastinne qui conserverait le siège. Une tête de liste non maire, c’est donc possible. 

Mais le cas du Havre est « l’exception qui confirme la règle », note le professeur en droit public à l’université de Caen (Calvados), Christophe Boutin qui remarque que l’élection municipale « reste une élection très personnalisée, malgré le mode de scrutin ». D’ailleurs, ce spécialiste de la vie politique observe que « les poids lourd d’une liste ce mettent souvent en dernière position pour afficher leur soutien, mais ne pas faire de l’ombre à la tête de liste ».

Et lors de l’élection de la majorité municipale par les conseillers, la probabilité pour qu’un putsch se produise est très faible. « C’est théoriquement possible après la recomposition des listes entre les deux tours. Une fois la recomposition faite, les minoritaires peuvent parvenir à rallier à eux une majorité, mais les électeurs le supporteraient très mal », imagine Christophe Boutin.

La « prime majoritaire »

Dimanche 22 mars, « la liste victorieuse aura la garantie d’avoir une majorité de gouvernement », précise le professeur en droit public, parce que le code électorale accorde une « prime majoritaire » à la liste arrivée en tête. C’est-à-dire qu’elle se verra attribuer la moitié des sièges du conseil municipal. « Cette attribution opérée, les autres sièges sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle », indique le code électoral.

En cas d’égalité parfaite entre les listes arrivées en têtes le soir du second tour, la moitié des sièges sera attribuée « à la liste dont les candidats ont la moyenne d’âge la plus élevée », disent les textes de loi.

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