Billet de Florestan:
MAIS QUAND DONC VONT-ILS PRENDRE L’IDEE REGIONALE AU SERIEUX?
Polémique inutile bien évidemment en cours entre le président de la République et les présidents de région…
au sujet de la date des élections régionales (2021 ou 2022?),
au sujet de l’indispensable coopération entre l’Etat et les régions à mettre en oeuvre sans tarder pour redresser le pays après la crise,
au sujet de savoir si un conseil régional est capable de gérer un plan de relance avec l’Etat,
au sujet de savoir si le réveil de la démocratie régionale à l’occasion des élections de mars prochain ne va pas suspendre toutes les décisions et toutes les actions à prendre et à mettre en oeuvre,
au sujet de conditionner l’aide de l’Etat aux régions dont les présidents accepteraient le report desdites élections en 2022,
au sujet d’un hypothétique nouveau bon en avant de la décentralisation,
au sujet des propos à l’emporte pièce tenus sur le compte du président de la République par un responsable national du parti Europe Ecologie Les Verts,
au sujet des intentions prêtées à Xavier Bertrand président de la région dite des « Hauts-de-France » de se présenter non pas seulement aux régionales de 2021 mais aussi aux présidentielles de 2022 contre Emmanuel Macron, bien évidemment:
C’est peut-être pour faciliter le retroplanning de Xavier Bertrand qu’à l’Elysée certains ont eu l’idée saugrenue d’organiser des élections régionales (dont, visiblement, tout le monde se contrefiche…) la même année que les présidentielles.
Une idée?
On pourrait fusionner ces deux élections comme on a fusionné certaines régions au mépris des évidences géo-historiques (la Normandie étant l’heureuse exception confirmant la triste règle…).
Bref! Cette navrante querelle dont le jacobinisme politicien à la française a le secret, est surtout l’occasion d’une nouvelle défaite de l’idée régionale…
Lire les éléments suivants pour comprendre le sujet:
Emmanuel Macron a « ouvert le débat » d’un possible report des élections régionales prévues en mars prochain, « un moment où nous devons tous être mobilisés pour la relance du pays », avant la présidentielle de 2022, a indiqué l’Élysée.
Selon plusieurs présidents de régions, Emmanuel Macron aurait conditionné l’aide financière de l’État aux régions au soutien de celles-ci pour un report du scrutin au-delà de 2022. Des présidents de régions tels que Xavier Bertrand (ex-LR, Hauts-de-France), Valérie Pécresse (ex-LR, Île-de-France) ou Laurent Wauquiez (LR, Auvergne-Rhône-Alpes), sont régulièrement cités comme des concurrents potentiels d’Emmanuel Macron pour la prochaine présidentielle.
« Je vous aide (financièrement) si vous m’aidez à reporter les régionales après la présidentielle car j’ai des opposants politiques parmi vous. Je ne vais pas donner de l’argent à mes adversaires », aurait déclaré Emmanuel. Macron, selon Le Figaro.
Macron ne veut pas qu’il y ait une raclée pour LaREM aux régionales
Xavier Bertrand
Xavier Bertrand qualifie les méthodes d’Emmanuel Macron de « chantage ». »C’est la dernière, c’est la meilleure celle-là », a-t-il lâché. « Il y a une élection que l’on aurait dû reporter, c’était le premier tour des élections municipales pour des raisons sanitaires, et ils ne l’ont pas fait », a-t-il ajouté.
Voir aussi:
https://www.lefigaro.fr/politique/emmanuel-macron-agace-les-presidents-de-regions-20200615
Report des régionales en 2022 : Macron pose ses conditions aux élus
Lundi, le président de la République aurait profité d’un déjeuner avec Renaud Muselier pour lui proposer une aide financière de l’État en échange du soutien des Régions de France.
«C’est quoi ce bazar?», s’exclame Xavier Bertrand. Alors que les élections régionales sont prévues en mars 2021, la perspective d’un report du scrutin à 2022 – donc après la présidentielle – a clairement agacé les présidents de région. Si aucun d’entre eux n’a été officiellement contacté, le sujet est bien sur la table de l’exécutif, comme l’a révélé Le JDD ce week-end. «Il est vrai que le président et tous ses interlocuteurs n’ont pas complètement fermé la porte. Le président y réfléchit», confirme un cadre de la majorité au Figaro. «Il n’y a aujourd’hui rien d’écrit ni d’étudié», veut croire un historique de la campagne.
Lors d’un déjeuner avec le président des Régions de France Renaud Muselier, qui a eu lieu lundi à l’Élysée en présence de la ministre Jacqueline Gourault, le chef de l’État s’est montré très clair, selon les informations du Figaro. «Je vous aide (financièrement) si vous m’aidez à reporter les régionales après la présidentielle car j’ai des opposants politiques parmi vous», a déclaré Emmanuel Macron, comme l’a rapporté Renaud Muselier aux présidents de région qu’il a eu ensuite par téléphone. «Je ne vais pas donner de l’argent à mes adversaires», a ajouté le président de la République.
Une manière de renvoyer aux ambitions politiques de certains présidents de régions qui louchent sur la présidentielle, comme Xavier Bertrand (Hauts-de-France), Valérie Pécresse (Île-de-France) ou Laurent Wauquiez (Auvergne-Rhône-Alpes) ? «Le président a évoqué la question du calendrier électoral au regard de la mise en œuvre du plan de relance à l’automne, auquel les régions seront étroitement associées», explique l’Élysée. «Le président ouvre le débat dans l’intérêt général. On ne peut pas demander à ce que les régions participent au plan de relance mais qu’elles interrompent leur action pendant six mois à cause de la campagne».
«C’est totalement déplacé de la part du président alors qu’on gère tous la crise. Il s’occupe de la présidentielle ou des Français ?», s’insurge un élu. Les régions demandent à l’État des compensations financières après la diminution de leurs recettes, du fait de la crise sanitaire. «Le chef de l’État nous fait un chantage ? C’est totalement anti-républicain», s’inquiète un autre président de région.
«Une manœuvre politique» pour «éviter un camouflet de LREM»
«Un jour, Emmanuel Macron veut changer la date de la présidentielle pour l’avancer, le lendemain il veut changer la date des régionales pour les reculer. Les élections ce n’est pas un jeu de dés ! Derrière les élections, c’est le peuple ! Et le peuple on le respecte», s’insurge Xavier Bertrand, opposé à un report du scrutin en 2022. «Les municipales ont été décalées pour des raisons sanitaires. Ce n’est pas la même chose qu’une convenance politique, personnelle ou présidentielle», appuie le président des Hauts-de-France. Un message partagé par les autres présidents. «Les élections, c’est un rendez-vous avec le peuple. Ce n’est pas un choix de convenance personnelle ni du président de la République ni des présidents de région», acquiesce l’entourage de la présidente d’Île-de-France, Valérie Pécresse.
Pour les exécutifs régionaux, une modification du calendrier serait vue comme «une manœuvre politique» à neuf mois des élections, «pour éviter un camouflet de LREM avant la présidentielle» et «pour affaiblir les présidents de région». «On est clairement en ligne de mire», indiquent plusieurs élus. Tous ont ainsi remarqué que le chef de l’État, dimanche soir, ne les avait pas mentionnés. «Pourtant, nous, en une semaine, on avait des masques !», rappelle un président de région, pour souligner le rôle clé des collectivités territoriales pendant la crise.
La sortie (inutile) de Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts traitant le président de la République de « voyou » (sic!):
Et la mise au point de l’association des régions de France suite aux alégations de Julien Bayou:
On peut être en désaccord mais on ne ne traite pas le Président de la République de voyou!
En réaction à l’intervention scandaleuse de Julien Bayou qui commente des propos du Président de la République qu’il n’a pas entendus, Renaud Muselier a tenu à exprimer sa stupéfaction et son dégoût le 19 juin 2020.
R. Muselier et F. Bonneau reçus à l’Elysée: «un calendrier rapide, une méthode claire, une relance efficace »
Reçus ce lundi 15 juin à midi par le Président Emmanuel Macron, en présence de Jacqueline Gourault, Renaud Muselier, Président de Régions de France et François Bonneau, président délégué, ont réaffirmé la volonté des Régions de travailler aux côtés de l’État à la reconstruction de notre pays.
Lors de cet échange, direct et respectueux, une méthode de travail a été envisagée pour la relance, les fonds européens, les contrats de plan État-Régions, une grande initiative autour des libertés locales et le traitement des budgets des Régions 2020 et 2021.
Rendez-vous a été pris pour engager une séquence de discussion entre l’Élysée et les Régions afin qu’à la mi-juillet, les grands axes d’un contrat de plan entièrement renouvelé puissent être arrêtés pour engager la relance et la reconstruction de la France.
Les propositions existent. Il reste à les valider. Nous sommes au croisement des chemins. C’est maintenant ou jamais que notre pays peut franchir une étape essentielle : celle de la territorialisation, c’est-à-dire celle de la confiance dans ses territoires.
Les Régions doivent être dotées de pouvoir réels dans le domaine de l’économie, de l’emploi, de la transition écologique, de l’Europe et de la santé. Bien entendu, elles doivent assumer les responsabilités politiques qui vont avec.
« Il n’y a pas de pouvoir sans responsabilité, mais il n’y a pas de responsabilité sans pouvoir ».
Les Régions veulent prendre leur part au redressement du pays. Elles demandent à en avoir les moyens. C’est le moment d’être audacieux.
Les @Regionsdefrance et leur président @RenaudMuselier tiennent à rappeler que leur seul objectif est de permettre à la France de rebondir dans le cadre d’un accord intelligent Etat-Regions. Nous ne nous laisserons entraîner dans aucune polémique stérile !

