Dix-huit moutons d’Ouessant et quatre boucs ont investi les deux hectares du parc du centre de rééducation Les Herbiers à Bois-Guillaume (Seine-Maritime). (©Isabelle Villy)
Le saviez-vous ? Le centre de rééducation Les Herbiers, à Bois-Guillaume, près de Rouen (Seine-Maritime), dispose d’un parc de plusieurs hectares. Une réserve foncière non négligeable, mais qui suppose évidemment beaucoup d’entretien… trop même pour le seul jardinier en charge des espaces verts sur le site. C’est pour cette raison que la directrice de l’établissement, Juliette Mautret, a signé une convention avec l’association Ökotop, pour expérimenter l’éco-pâturage.
Dix-huit moutons et quatre boucs
Jeudi 18 juillet, les patients, le personnel soignant et administratif étaient nombreux à attendre, à l’orée du parc, l’arrivée des dix-huit moutons d’Ouessant et de quatre boucs, qui vont désormais, au moins jusqu’au mois de novembre, partager leur quotidien. Une manière de leur proposer une respiration dans un quotidien pas toujours simple à vivre.
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« Le mouton d’Ouessant est le plus petit mouton du monde »
« Le mouton d’Ouessant est le plus petit mouton du monde, il mesure en moyenne moins de 45 cm au garrot », décrit le président d’Ökotop Damien Hédin, qui souligne que ce petit mouton ne revêt aucune valeur économique. La laine du mouton d’Ouessant n’offre pas d’intérêt particulier, sauf à l’exploiter pour quelques pelotes de laine à tisser.
Nous avons quelques personnes qui tissent cette laine, à l’ancienne, avec un rouet. Il y a sûrement quelque chose à faire avec cette laine, il faut y réfléchir , observe Damien Hédin.
Autre débouché qui pourrait éventuellement se développer : le suint de la laine, qui pourrait être récupéré pour en faire un lubrifiant pour la mécanique… Hormis cela, pas de valeur marchande à négocier pour cette espèce particulière de mouton.
Idéal pour l’éco-pâturage
En revanche, il est idéal pour l’éco-pâturage. Et cela tombe bien puisque l’association est spécialisée dans la gestion écologique du paysage. Créée il y a cinq ans, la structure dispose désormais d’un cheptel de quatre cents animaux, qui sont ainsi répartis dans tout le département de Seine-Maritime, notamment dans des établissements publics. Ici, aux Herbiers, les animaux vont ainsi se substituer à l’homme et aux machines pour l’entretien du parc, en se nourrissant des graminées. Les boucs, eux, vont tailler les haies et les arbustes sans faire de bruit…
Une phase d’observation aura lieu les premiers temps, pour voir comment se comportent tous les animaux dans le parc et aussi pour constater si la cohabitation avec les patients et visiteurs se déroule sans encombre. Mais cet aspect ne semble pas du tout inquiéter Damien Hédin. « Les boucs sont habitués à l’homme et ont confiance en lui. Ils vont venir au contact des visiteurs du parc », poursuit le président. Pour les moutons, pas de soucis non plus : ils auront même tendance à observer de loin, sans s’approcher.
Une attraction dans le parc
Tous les animaux devraient en tous les cas constituer une attraction pour inciter chacun à venir (re)prendre possession de ce grand parc. « Ces moutons vont non seulement entretenir les espaces mais ils vont aussi mettre de la vie dans le parc et permettre sa reconquête par les patients et les soignants », se réjouit Juliette Mautret.
Une race rustique et ancienne
Les moutons, une fois lâchés n’ont pas mis longtemps à trouver quelques repères dans l’immensité végétale s’offrant à eux. Rustique et ancienne, cette race est particulièrement adaptée pour vivre dehors. Pas besoin d’abris pour ces animaux : ils trouveront eux-mêmes un lieu où dormir et comme ils n’aiment pas être en plein soleil, ils se nourriront très tôt le matin et le soir. « Nous avons pour objectif de préserver les races patrimoniales comme le mouton d’Ouessant ou encore la Chèvre des fossés, chèvre commune de Normandie et de Bretagne », ajoute encore le président de l’association, ravi de voir que cet objectif de préservation s’accompagne aujourd’hui d’une forte dimension sociale.