Un pinguoin torda a été recueilli par l’association le Chene d’Allouville-Bellefosse (Seine-Maritime). (©DR)
Un pingouin torda, très maigre avec le plumage collant, a été accueilli par le centre de sauvegarde de l’association du Chene à Allouville-Bellefosse (Seine-Maritime), jeudi 6 février 2020. Un événement peu commun pour l’organisme qui recueille et soigne des animaux en danger chaque jour.
Apporté par un particulier, l’animal était échoué sur une plage de Saint-Aubin-sur-Mer (Calvados). Le fait que son pelage colle laisse penser qu’il a peut-être été en contact avec du mazout ou des hydrocarbures.
Aux petits soins pour lui
Lavé et nourrit par les soigneurs, l’heure est maintenant à l’amélioration de son état de santé, comme l’explique Thierry Preud’homme, soigneur :
On essaye de le requinquer pour le réintroduire dans son habitat naturel. Il mange tout seul, mais il n’est pas encore étanche.
Le pingouin sauvé par l’association ne fait pas son plumage, c’est-à-dire qu’il ne lisse pas ses plumes avec son bec, et donc n’est pas étanche. Or, chez un oiseau d’eau, l’étanchéité du plumage est primordiale. Les soigneurs bénévoles ont rapidement pris la décision de lui administrer des vitamines pour que son état de faiblesse ne lui porte pas préjudice et pour qu’il puisse s’occuper correctement de ses plumes.
Tant qu’il ne lisse pas ses plumes, l’oiseau ne pourra pas retourner en mer et se nourrir. Il passe donc actuellement ses journées en bassin, sous étroite surveillance.
On regarde son comportement en se cachant un peu, pour voir s’il remet bien ses plumes. On évite de trop le manipuler et on le sèche quand il a froid, poursuit Thierry Preud’homme.
L’eau permet de le stimuler. Le soir, les soigneurs bénévoles prennent soin de le rentrer en box, au chaud, sous une lampe chauffante. Aujourd’hui, l’animal a retrouvé sa vivacité et a repris du poids.
Le pinguouin torda sous une lampe chauffante. (©Association Chene)
Un état encourageant
Présent en Normandie, le pingouin torda est l’un des animaux marins les plus menacés en France, et se reproduit peu, selon Marc Duvilla, naturaliste à la Ligue pour la protection des Oiseaux – Normandie :
On observe beaucoup d’adultes, mais très peu de jeunes pingouins. En plus, à cause du réchauffement des eaux, les populations se déplacent pour devoir se nourrir.
L’état du petit animal semble donc encourageant, cependant, il ne faut pas crier victoire. Il est toujours en convalescence et il faudra encore du temps avant d’espérer pouvoir le relâcher sur le littoral. Cela peut prendre des semaines comme des mois.
2 000 oiseaux en 2019
Le Centre d’hébergement et d’étude sur la nature et l’environnement (Chene) a recueilli durant l’année 2019, 2 642 animaux sauvages en détresse dont 2057 oiseaux : des passereaux, des rapaces et également des oiseaux marins qui sont souvent menacés par la pollution en mer (dégazages, marées noires, plastique). De ce fait, certaines populations d’espèces sont en voie d’extinction dans le pays, notamment le pingouin torda. Depuis la création du centre de sauvegarde en 1980, 299 animaux de cette espèce ont été accueillis.