Caserne vétuste, manque d »effectif… Au Havre, des sapeurs-pompiers de plaignent de leurs conditions de travail. (©JB/76actu/Illustration)
La journée du samedi 29 juin 2019 fut un enfer. Des sapeurs-pompiers du Havre (Seine-Maritime) et leurs proches se plaignent des conditions de travail, notamment pendant l’épisode caniculaire normand.
Sur Facebook, un sapeur-pompier de la caserne du Havre sud explique la situation : « Nous sommes dix de garde au lieu de 15 et il y a de nombreuses manifestations en ville. Il est impossible de se laver ou de se rafraîchir au centre, l’eau est bouillante dans le réseau d’eau, dû à une caserne vétuste. »
Il s’inquiète même pour les Havrais : « Soyez prudent, nous avons des conditions ne nous permettant pas d’être à 100%. »
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« Ils sauvent nos vies au détriment de la leur »
La femme d’un sapeur-pompier de cette même caserne, qui souhaite rester anonyme, nous a alerté sur la situation en envoyant un témoignage à 76actu : « Mon mari était de garde (samedi 29 juin, ndlr). Il s’est plaint de maux de tête mais il doit parcourir des kilomètres pour se rafraîchir dans une autre caserne. »
Celle qui vit au quotidien avec ce soldat du feu havrais s’alarme :
Leurs vies sont mises en danger. Ils sauvent nos vies au détriment de la leur…
Une nouvelle caserne attendue
Au Syndicat autonome, la situation de la caserne du Havre sud est bien connue. « Ce n’est pas la première fois que ça arrive cette histoire de flotte. Les gars attendent une nouvelle caserne depuis des années, les travaux devraient commencer au niveau des anciens terminus de bus mais ça tarde et ils en ont marre, cela se comprend. »
Ce sapeur-pompier syndiqué, qui préfère rester anonyme, rappelle que l’effectif de cette caserne doit être de 15 pompiers professionnels et volontaires. « Mais comme partout, les effectifs ne sont jamais complets… »
En parallèle de cette situation havraise, un préavis de grève national a été déposé par plusieurs syndicats de sapeurs-pompiers, mercredi 26 juin 2019 jusqu’à la fin du mois d’août. De manière générale, les soldats du feu demandent plus de moyens pour faire face à l’augmentation croissante des interventions auxquelles ils sont confrontés.
Des créations de postes promises
De son côté, André Gautier, vice-président du Département de Seine-Maritime et président du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de Seine-Maritime, assure ne pas avoir entendu parler des problèmes rencontrés dans cette caserne.
« Je n’ai pas été alerté en tant que président du Sdis, déclare-t-il. Cependant, la journée de samedi a été plus chaude que prévue dans le département et les sapeurs-pompiers ont eu beaucoup à faire, malgré l’annulation de plusieurs manifestations. La journée a pu être difficile. »
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André Gautier rappelle que le Sdis a récemment conclu un protocole d’accord avec les syndicats des sapeurs-pompiers, le 4 juin 2019, avec à la clef des créations de postes. « Depuis mercredi, nous n’avons pas recensé de grévistes, souligne le vice-président de Seine-Maritime. Avec cet accord, nous avons déjà en partie répondu à ce préavis de grève. Cependant, certaines revendications, qui ne sont pas du ressort du Département mais de l’État, sont plutôt légitimes. »
Le président du Sdis fera un point sur le week-end, lundi 1er juillet, avec le directeur du Sdis 76, notamment sur cette situation havraise. « J’aborderai ce sujet », promet-il.