Depuis le 31 janvier 2019, plusieurs usines Saipol sont à l’arrêt à la suite de blocages par la CGT. À Grand-Couronne, le blocus se poursuit mardi 26 février 2019. (©RT/76actu)
L’usine Saipol de Grand-Couronne, près de Rouen, est à l’arrêt depuis le 31 janvier 2019. Mardi 26 février, la CGT a décidé de poursuivre son blocus en cours sur fond de revendications salariales. La CFDT, Sud Solidaires et l’Unsa s’inquiètent de cette initiative : « Chaque jour de grève supplémentaire creuse de manière inexorable le déficit de l’entreprise. »
La CGT, à l’initiative de ce mouvement de grève, revendique une augmentation générale de 7 % des salaires et du versement d’une prime de 1 500 euros. Lundi 25 février, s’est tenue la négociation annuelle obligatoire sur les salaires (NAO). « Ça n’a rien donné, déplore Pascal Lechevalier, représentant CGT du personnel. La direction accorde aux salariés des augmentations comprises entre 1,7 à 2,2 %. » Inacceptable pour la CGT alors qu’en 2018, « les dix plus hautes rémunérations se sont vues augmentées de 7,86 % ».
Dans un courrier envoyé à la direction, daté du 20 février, le député PCF Hubert Wulfranc rappelle que Saipol « a bénéficié de nombreux fonds publics pour réaliser ses investissements » et « bénéficie toujours d’une fiscalité plus avantageuse sur les agrocarburants ».
Le blocage du site de Grand-Couronne devrait se poursuivre jusqu’aux prochaines négociations qui auront lieu le 6 mars.
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« Les conséquences sont désastreuses »
Les trois autres syndicats de cette filiale du groupe Avril s’inquiètent de cette situation. « 21 personnes de la CGT sur 240 au total bloquent l’activité de plus de 81 % du personnel », dénoncent la CFDT, Sud solidaires et l’Unsa. Selon eux, « les conséquences sur le site sont désastreuses ». « Nous avons déjà perdu deux contrats », regrette Rosalia Loquin secrétaire Unsa du comité social et économique de Saipol Grand-Couronne.
Concrètement, selon cette syndicaliste qui s’estime « prise en otage », le blocus à l’entrée de l’usine entraîne une « perte de marchés structurants et la rupture des négociations sur de nouvelles productions et/ou nouveaux marchés pouvant potentiellement créer de l’emploi ». Les trois syndicats opposés à la stratégie de la CGT craignent pour « la pérennité des emplois dans un contexte très morose », alors même que « les intérimaires ont déjà été tous remerciés ».
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25 millions d’euros de perte en 2018
En 2018, Saipol a accusé une perte de 25 millions d’euros. Quatrième année consécutive de perte. La CGT ne nie pas un « épisode financier difficile », face à la concurrence des biocarburants argentins et indonésiens. Mais la centrale syndicale estime que les salariés ont fait suffisamment d’efforts en acceptant une augmentation de seulement 1,4 % des salaires sur quatre ans.
Deux autres sites étaient toujours bloqués mardi matin : Bassens (Gironde) et Montoir-de-Bretagne (Loire-Atlantique). Selon la CGT, un atelier d’estérification a été redémarré lundi par des salariés non-grévistes « qui ne conduisent plus d’ateliers depuis longtemps », entraînant des risques de sécurité.
Saipol produit et commercialise en France des huiles végétales à destination de l’alimentation humaine, des tourteaux pour l’alimentation animale, du biodiesel et de la glycérine végétale destinée au secteur industriel.