Au Havre, les infirmières quittent le bloc opératoire pour descendre dans la rue

Au Havre, les infirmières quittent le bloc opératoire pour descendre dans la rue

Une grande partie des 35 infirmières de bloc opératoire de l'hôpital Monod, au Havre, était en grève mardi matin.

Une grande partie des 35 infirmières de bloc opératoire de l’hôpital Monod, au Havre, était en grève mardi matin. (©NB)

Blouse bleue sur le dos, masque aux oreilles et charlotte sur la tête. Comme tous les matins, les infirmières du bloc opératoire sont en tenue de travail. Mais mardi 15 octobre 2019, ce n’est pas dans les couloirs de l’hôpital Monod, aux portes du Havre (Seine-Maritime) qu’elles sont installées, mais à l’entrée du parking de l’établissement. L’occasion de créer quelques bouchons, et surtout d’interpeller sur leurs conditions de travail.

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Infirmière au bloc, un métier à part entière

Ce mardi, les usagers de l’hôpital Monod, à Montivilliers, était donc accueillis par des infirmières dès l’entrée du parking. Répondant à un appel à la grève national lancé pour toutes les IBODE (Infirmières de bloc opératoire d’État), les équipes havraises menaient une opération de filtrage à l’entrée du site. Le but ? Dénoncer leurs conditions de travail de plus en plus difficiles, mais aussi communiquer autour de leur profession, souvent méconnue du grand public.

⚠️👥👷 Accès Montivilliers Hôpital Monod–Personnel de l'hôpital en grève.Filtre les véhicules à l'entrée.Bouchons +++ dans le secteur.

Publiée par Infos Trafic Le Havre sur Mardi 15 octobre 2019

Pourtant, aucune opération réalisée au bloc opératoire ne se fait sans deux de ces professionnelles, spécialement formées à cet environnement. « Sans IBODE, un chirurgien ne peut pas travailler, détaille Magali Porté, 25 ans de bloc à son actif. On prépare la salle, le patient et on assiste le chirurgien pendant toute l’intervention. » 

Des gestes techniques, pour lesquelles il est obligatoire, depuis un décret datant de 2015, de décrocher un diplôme d’État spécifique en plus de celui d’infirmière. « Pour le valider, il faut justifier deux ans de bloc et 18 mois de formation, précise Nathalie Bréban, elle aussi IBODE à Monod. On demande donc une reconnaissance de ce niveau Bac +5. » Et donc une revalorisation de leur salaire.

« Lorsqu’on repart à l’école, cela veut dire 400€ en moins par mois, et aussi être absente la semaine, donc un sacrifice pour la vie de famille », témoigne encore leur collègue Bénédicte Timel. « Et comme nous sommes polyvalentes sur tout type de chirurgie, il faut se tenir à jour des techniques qui évoluent sans cesse », complète Magali.

« On nous demande de faire du rendement »

« Surtout qu’aujourd’hui, on nous en demande toujours plus pour faire tourner les blocs, on est dans une optique de rendement, soupire Magali .

On se retrouve même parfois à faire le ménage ou les radios parce qu’on manque de personnel. Nous n’avons plus beaucoup de temps pour nous occuper des patients avant les opérations, alors que les gens ont besoin d’être rassurés.

Expliquant toujours courir entre deux opérations – « quand on est appelée à la maternité pour une césarienne en urgence, c’est tout juste si on a le temps de regarder le sexe du bébé avant de repartir », raconte Nathalie – elles évoquent tour à tour les pics d’activité le week-end avec le basculement des établissements alentours sur Monod, le manque de moyens et de nouveaux horaires plus lourds à porter avec « des journées de 10 heures, parfois 12. » , 

« Les patients auraient besoin de sentir le personnel serein », conclue Magali Porté qui assure que tout cela « nuit finalement à la sécurité du patient. »

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