Les manifestants du collectif de défense de l’hôpital du Havre ont perturbé le conseil lundi 18 novembre 2019 jusqu’à la mise au vote d’un vœu portant sur l’hôpital public. (©MC Nouvellon)
La séance du conseil municipal du Havre (Seine-Maritime) aura été très mouvementée ce lundi 18 novembre 2019. Une soixantaine de manifestants du Collectif havrais de défense de l’hôpital se sont invités à la mairie, perturbant les débats. Récit.
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« Nous attendions le soutien du maire »
Ils étaient venus chercher le soutien de la municipalité sur les revendications portées par le collectif havrais de défense de l’hôpital. Lundi soir, une soixantaine de manifestants se sont présentés au conseil municipal.
Invités à prendre la parole en début de séance, les personnels de l’hôpital ont présenté une motion appelant le conseil à les soutenir dans leur demande d’augmentation du budget hospitalier, l’ouverture de lits dans les services où les besoins existent et l’augmentation des salaires des soignants.
Nous attendions que Jean-Baptiste Gastinne, en tant que maire et président du conseil de surveillance du Groupe hospitalier du Havre, supporte ces revendications ,que ce soit pour les usagers comme pour les médecins et les personnels. Aujourd’hui, il n’a pas souhaité répondre et est parti sans discuter, regrette Yann Adreit, du syndicat Sud et membre du collectif.
Après avoir laissé la parole aux manifestants, le maire du Havre a effet rappelé que les vœux et motions se votaient en fin de séance, après les délibérations concernant les sujets à l’ordre du jour. Délibérations qu n’ont pas pu faire l’objet des débats habituels, les manifestants refusant d’attendre la fin de séance pour connaître le vote des élus sur leur proposition.
Alors que le maire poursuit l'énoncé de l'ordre du jour, inhaudible, une partie de l'opposition menace de quitter le conseil si la motion portée par le collectif de défense de l'hôpital n'est pas mise au vote. #Havre #urgences #hopitalpublic pic.twitter.com/jnzN9krIwJ
— MC Nouvellon (@macha_mcn) November 18, 2019
Un recours en préfecture bientôt déposé par la gauche
Dans l’opposition municipale, les élus ont pourtant tenté de faire entre la voix des manifestants. « À situation exceptionnelle, mesure exceptionnelle, a ainsi exhorté Nathalie Nail, élue communiste qui portait un vœu dans le même sens, demandant à ce que « l’on puisse répondre à la demande des personnels hospitaliers présents ce soir, par respect pour la santé et par respect pour notre ville. »
« N’entendant pas les adjoints » présentant les dossiers, Matthieu Brasse assurait lui aussi que « le conseil municipal ne peut pas se tenir dans de telles conditions. » En moins d’une heure, 60 délibérations ont toutefois été actées sous les protestations des manifestants, rendant leur présentation inaudible et le débat impossible.
À l’issue de la séance, à la fin de laquelle le maire et une partie de la majorité ont voté contre la motion présentée, Matthieu Brasse a assuré qu’il porterait devant le préfet une demande d’annulation au nom de l’opposition de gauche afin de faire revoter les décisions actées dans la soirée. En cas de refus, un recours pourrait même être porté devant le tribunal administratif.
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Le maire regrette un manque de respect de la démocratie
« Le bon sens » et « le respect pour les gent qui viennent » auraient selon lui voulu que le maire accepte de mettre au vote la motion du collectif dès le début de séance.
Concluant le conseil sous les huées, Jean-Baptiste Gastinne a pour sa part assuré que, « les gens qui souhaitent s’exprimer au conseil municipal peuvent le faire » dans les conditions prévues par le règlement. Rappelant qu’il avait proposé que Florence Thibaudeau-Rainot , première adjointe, reçoive le collectif pendant que le conseil se poursuivait, il a regretté cette intervention : « ce n’est pas très respectueux de la démocratie. »
Déçu par l’attitude du maire, le syndicaliste Yann Adreit rappelle que « le Havre connaît une des pires conditions, étant au dessous du ratio national sur la présence de médecins aussi bien à l’hôpital que pour la médecine de ville. »