Au Havre, l’association SOS Licenciement vient en aide aux salariés privés d’emploi

Au Havre, l’association SOS Licenciement vient en aide aux salariés privés d’emploi

Les cinq membres de l'association havraise, SOS Licenciement, réunis au bar du Funiculaire, lors de leur permanence mensuelle, mardi 3 décembre 2019.

Les cinq membres de l’association havraise, SOS Licenciement, réunis au bar du Funiculaire, lors de leur permanence mensuelle, mardi 3 décembre 2019. (©PL/76actu))

Vous vous sentez victime d’un licenciement abusif ? La sécurité de votre emploi se fragilise ? Vous peinez à vous remettre d’une mise au chômage forcée ? Désormais, vous n’êtes plus seuls. Et pour cause : depuis octobre, une association de défense a vu le jour au Havre (Seine-Maritime). Son nom : SOS Licenciement.

Aux manettes, une assistance sociale, un conseiller Pôle-Emploi, un hypnothérapeute spécialisé dans les traumatismes et deux avocats. Tous accueillent bénévolement celles et ceux qu’ils peuvent « écouter, conseiller, orienter, soutenir » au cours d’une permanence régulière au bar du Funiculaire, chaque premier mardi du mois.

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« Tendre la main à l’autre »

Porteurs d »un projet humaniste qui (leur) trottait dans la tête depuis longtemps », les avocats associés Maître Nathalie Michel et Maître François-Xavier Lecoz ont souhaité répondre autrement aux situations de détresse croisée dans leurs cabinets. Bien souvent, un licenciement douloureux, potentiellement abusif, dérègle une vie pourtant rodée. « Les gens sont déstabilisés, ils ont besoin d’une vraie écoute », note Maître Michel. Et ne font pas valoir leurs droits :

En général, la personne est tellement cassée qu’elle ne conteste pas son licenciement.

« Statistiquement, les employeurs savent qu’ils ne prennent que très peu de risques. Après coup, on n’a qu’un an pour contester un licenciement (Au conseil des Prud’hommes, Ndlr). Et un an, ça passe très vite quand on est déprimé… », poursuit cette avocate spécialisée dans le droit du travail.

Bien souvent, les fautes qu’on leur reproche sont inventées.

Elle cite un exemple récent : « On leur impute un problème dans l’entreprise qui ne leur est pas imputable : on leur reproche que le toit est percé alors qu’on leur a interdit de dépenser de l’argent… » Et de rappeler l’essence de cette association de loi 1901 : « On veut leur montrer qu’il leur reste pas mal de possibilités. »

Maître Le Coz : « Nous sommes dans une époque où les gens doivent se prendre en charge. Certaines administrations deviennent défaillantes. L’économie, la finance, dominent. Et cela va laisser de plus en plus de gens sur le bord de la route ». SOS Licenciement, c’est donc une façon de « tendre la main à l’autre ».

« Faire des petits dans tous les départements de France »

Lors des premières permanences, entre dix et vingt personnes ont profité des conseils dispensés autour d’un café. Hommes ou femmes, jeunes travailleurs, personnes proches de la retraite… Tous ont des questions, des craintes, besoin d’écoute. Et repartent souvent du Funiculaire « le buste un peu plus bombé, la tête un peu plus droite ».

Pour l’association, la rencontre directe entre les personnes prévaut. « Pour nous, c’est le contact humain, direct, qui est important. Quand vous voyez quelqu’un en face, il va vous parler de choses dont il ne vous parlera pas sur Messenger… » 

Quid de l’avenir ? « Notre idée est de faire des petits dans tous les départements de France », se projette Maître Michel. D’autant « que ça n’existe pas ailleurs ». « Des personnes nous ont déjà contactés, par exemple dans le Puy de Dôme », appuie Maître Le Coz. D’ici là, aux Havrais d’en profiter.

Informations pratiques.
Les cinq membres de l’association se retrouvent tous les premiers mardis du mois au bar Le Funiculaire, 80 rue Maréchal Gallieni, au Havre. Permanence de deux heures (18h-20h), gratuite et anonyme pour ceux qui le désirent. Plus d’informations sur la page Facebook de SOS Licenciement en cliquant ici ou par mail à soslicenciement76@gmail.com

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