C’est avec une grande tristesse que nous apprenons le décès du géographe et écrivain Normand Armand FREMONT qui, au terme d’une magnifique carrière universitaire et intellectuelle consacrée, avec coeur et raison, à la géographie humaine, s’était engagé avec le collectif des géographes universitaires normands (on pensera bien évidemment à François Gay qui vient, lui aussi, de nous quitter) pour la REFONDATION de l’unité régionale normande.
A ce titre, Armand Frémont et François Gay peuvent être considérés comme les pères fondateurs de notre unité normande contemporaine enfin recouvrée.
Nous ne cacherons pas notre émotion.
Car, quatre jours avant son décès survenu le 2 mars dernier, Armand Frémont avait encore la force de nous envoyer un message émouvant quant à son souhait de venir une dernière fois à Caen le 23 avril prochain dans le cadre chaleureux de l’auditorium des charpentes de l’abbaye-aux-Dames de Caen pour fêter avec nous le 10ème anniversaire du séminaire « Normandie » de l’Université Populaire de Caen qu’il avait inauguré en novembre 2008 avec une conférence mémorable dans laquelle il avait plaidé la nécessité urgente de la réunification pour sauver l’avenir de l’espace régional normand.
Armand Frémont fut notre éducateur à la question normande, un aiguilon intellectuel à l’occasion d’échanges profonds et passionnants sur la Normandie, la géographie humaine ou la géopolitique: nous eûmes la chance de le rencontrer plusieurs fois dans le calme et la sérénité de sa maison du Pays d’Ouche pour évoquer, ensemble, les problèmes normands et l’avenir de notre région.
Enfin, Armand Frémont était aussi un écrivain qui a su se faire l’interprète sensible de l’âme de la Normandie et des Normands, le long des chemins creux dans la brume matinale du bocage, sur le pavé caennais de la capitale bouillonnante de la jeunesse, dans le sillage parfumé de tabac d’un bac sur la Seine, dans l’air plein d’azur et de liberté iodée que l’on hume sur les quais du Havre… ou dans les hautes frondaisons d’une enfance cauchoise grondant sous un coup de Noroît.
MERCI ARMAND! MERCI POUR TOUT…

