Un peu plus de 13.3 millions de français sont allergiques aux pollen. La Normandie n’est pas épargnée par le pic pollinique estival. (Illustration ©Adobe stock)
Au moins 20 % de la population française est allergique aux pollens. Soit un peu plus de 13.3 millions de personnes ! Et le réchauffement climatique aidant, ce n’est pas près de s’arranger. Pour Samuel Monnier, ingénieur au Réseau national de surveillance aérobiologique, le constat est d’ailleurs simple :
Les saisons étant chamboulées, la propagation du pollen l’est également. S’il fait un temps ensoleillé plus tôt et plus longtemps dans l’année, il y aura des alertes pollens plus fréquentes. Concrètement, pour les allergiques, la « mauvaise » saison sera plus longue.
Gauthier Jue, responsable du pôle santé et environnement à l’ARS de Normandie, apporte d’autres éléments de compréhension :
Certaines espèces, habituellement confinées aux régions sud, trouvent désormais un terrain propice à leur développement dans le nord. C’est par exemple de le cas avec l’ambroisie, qui est portée par les vents jusqu’en Normandie. Une variété de pollen particulièrement allergisante.
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Un nouveau venu surpuissant
L’ambroisie, ou ambrosia artemisiifolia pour les intimes. Sous cette appellation latine qui sonne en bouche se cache pourtant un nouveau fléau normand. Celui des yeux qui pleurent, du nez qui coule et de l’éternuement intensif. L’allergie au pollen. Mais puissance 10 !
Et difficile d’échapper au pouvoir de l’ambroisie… La Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) de Basse-Normandie en liste des symptômes inquiétants :
Quelques grains de pollen par m3 d’air peuvent provoquer des symptômes allergiques sévères chez les personnes sensibles : rhinites souvent accompagnées de conjonctivites, trachéites, apparition ou aggravation d’asthme allergique ou encore réactions d’urticaire et eczéma.
Mais pas de panique ! L’ambroisie n’en est, aujourd’hui, que peu rependue. Alors pourquoi en parler ? « Parce que c’est au stade de la détection précoce des nouveaux foyers que les actions de lutte sont les plus efficaces et les moins onéreuses ! »
En cas de suspicion de présence d’ambroisie*, il convient d’effectuer un signalement sur la plateforme nationale « signalement ambroisie » au moyen de l’un des quatre canaux de signalement suivants :
– le site internet : www.signalement-ambroisie.fr
– via l’application Smartphone « signalement-ambroisie »
– par téléphone au 0 972 376 888
– par courriel à l’adresse : contact@signalement-ambroisie.fr.
*Outil pour reconnaître l’ambroisie
Le rhume des foins, un calvaire au quotidien
Printemps et été sont souvent associés à soleil et nature. Sauf que pour les allergiques, cet entre-deux saisons sonnent le début d’une longue période allergique. Graminées, fagales, curpressacées, oléacées ou encore herbacées sont autant de familles de pollens responsables d’une myriade de symptômes plus ou moins identiques. Et surtout plus ou moins graves selon la sensibilité de la personne touchée.
Si certains doivent s’affranchir uniquement de quelques éternuements, d’autres vivent en effet un véritable calvaire. Entre nez bouché, crises d’éternuements, écoulement nasal (rhinite), nez bouché, respiration nasale difficile, yeux rougis, irrités et larmoyants (conjonctivite), démangeaisons au niveau du palais, du nez et des oreilles, enrouement, toux irritative… La combinaison de ses facteurs, s’ils ne sont pas traités à temps, peut, qui plus est, se muer en asthme allergique.
La liste de symptômes est donc pléthorique, mais pourrait se résumé ainsi : l’impression d’avoir la tête dans une essoreuse à salade !