Durant l’Armada de Rouen (Seine-Maritime), une équipe veillera aux prises de risques, notamment sexuelles. (©Adobe Stock/Illustration)
Pendant 10 jours, la ville de Rouen (Seine-Maritime) sera en fête à l’occasion de l’Armada qui débute le 6 juin 2019. Mais qui dit fête, dit potentielle prise de risques. Pour les éviter, une équipe de 110 personnes est mobilisée tout au long de l’événement.
Addictions, risques sexuels et auditifs
Pour ces 10 jours, l’Agence régionale de santé (ARS) a confié la coordination de la prévention à l’association la Boussole, qui chapeaute une quinzaine d’acteurs* de terrain, regroupés sous la bannière Normandie Prev. « On a vraiment souhaité miser sur ces acteurs qui ont fait leur preuve en 2013 », explique Thomas Auvergnon, coordinateur de l’équipe prévention des maladies chroniques à l’ARS. En ligne de mire de l’autorité de santé et des bénévoles : les risques addictifs, sexuels et auditifs.
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« Concernant l’addiction, on cible l’alcool et les drogues, notamment les risques majorés par l’association de ces substances. Une attention particulière sera aussi portée sur les drogues dérivées des amphétamines », détaille Thomas Auvergnon. S’agissant des risques sexuels, « nous ferons de la prévention sur les rapports non protégés, les violences et les relations non consenties ». Enfin, pour ce qui est des risques auditifs, « il s’agit de ne pas sous-estimer les nuisances d’une exposition répétée au bruit. Il y aura une attention particulière porté au public jeune voire très jeune que l’on peut voir sur les concerts. »
Un stand et des équipes mobiles
Concrètement, le dispositif mis en place sera présent sur tous les soirs de concert de 18 à 4 heures. « Nous aurons un stand où nous ferons de la prévention, de la distribution de préservatifs et de bouchons d’oreille », précise Stéphanie Laudrel, chargée de prévention à la Boussole. Ce stand comportera aussi un espace de repos et d’échange. « Concernant la prévention sexuelle, des tests rapides à orientation diagnostique (Trod) pourront être effectués si besoin après un échange avec un de nos bénévoles. »
Il y aura aussi des équipes mobiles qui seront vigilantes et pourront aller directement au contact des personnes.
En-dehors des concerts, ces équipes mobiles seront déployées de 22 à 4 heures du matin. Ces bénévoles seront déployés sur le site de l’Armada mais également en ville, aussi bien sur la rive gauche que la rive droite. « Si en cours d’Armada on identifie des lieux plus à risque, nous irons plus régulièrement », anticipe Stéphanie Laudrel qui met en avant la démarche « surtout pas moralisatrice des acteurs mobilisés ».
C’est un dispositif assez inédit par son ampleur. Mais c’est un événement qui réunit beaucoup de monde ce qui démultiplie les risques. On l’a vu par exemple sur le carnaval étudiant de Caen, avec de vraies situations d’urgence.
« Une vigilance collective »
Pour cela, Thomas Auvergnon incite l’ensemble du public à la vigilance. « Il ne faut pas hésiter à signaler aux personnes compétentes le moindre comportement risqué. C’est important d’avoir une vigilance collective, une solidarité, pour éviter les incidents. »
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En 2013, les bénévoles ont établi environ 25 000 contacts lors de l’Armada. Avec ce nouveau dispositif ambitieux, l’ARS et la Boussole espèrent pouvoir toucher encore un plus grand nombre de personnes pour que la fête reste bien une fête.
Les intervenants mobilisés afficheront le logo Normandie Prev.
* Œuvre Normande des Mères, ANPAA, Education Solidarité Information 14, Le Kalif, Médecins du monde, Aides, CSAPA Caux Bray (CH de Barentin), Uniscité, MGEN, La Passerelle, Adissa, Nautilia, ASV de Rouen, Ligue contre le cancer, La Boussole