Acheter de bons produits en réduisant ses déchets ? C’est le pari d’une cueillette près de Rouen

Acheter de bons produits en réduisant ses déchets ? C’est le pari d’une cueillette près de Rouen

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Au potager de Saint-Jean-du-Cardonnay près de Rouen (Seine-Maritime), les clients peuvent cueillir leurs propres fruits et légumes. (©Manon Leterq/76actu)

Consommer tout en produisant peu ou pas de déchets, est-ce un pari trop audacieux ? C’est une question qui a eu le mérite d’être posée, dans le cadre de la semaine européenne de réduction des déchets, qui s’est achevée dimanche 24 novembre 2019. Un « temps fort pour essayer de diminuer nos déchets et de consommer mieux. » Au potager de Saint-Jean-du-Cardonnay, à douze kilomètres de Rouen (Seine-Maritime), les client font le choix de cueillir eux-mêmes leurs propres fruits et légumes dans le champ du maraîcher, tout en adoptant d’autres habitudes de consommation. Reportage.  

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Une brouette à la place du chariot 

Pour s’approvisionner au potager de Saint-Jean, il faut s’armer de patience car la file d’attente, près du magasin, ne faiblit pas. C’est peut-être un signe de succès pour l’exploitation de Martine et Philippe Dumesnil qui depuis huit ans, reçoit près de 400 clients pour un panier moyen d’une vingtaine d’euros.

Parmi eux, Geneviève venue de Rouen, que l’on retrouve dans un champ disponible au public – la partie cueillette qui s’étend sur 7 hectares – et avec une brouette à bout de bras contenant des légumes fraîchement cueillis : des poireaux, du persil, des choux ou encore des salades. « Le bouquet de persil vendu au poids me revient à 40 centimes. Au bout d’une semaine, il est encore frais contrairement à ceux que je pouvais acheter en grande surface, qui sont en plus arrosés de saloperies. »

Les poireaux de Geneviève ne sont pas emballés dans du plastique, mais dans du papier journal. C’est une petite astuce pour recycler ses vieux papiers : « Ils seront lavés donc ils peuvent bien rester une demi-heure emballés comme ça », rit-elle. 

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Tous les produits de saison mis en vente au magasin du potager sont issus de la récolte. (©Manon Leterq/76 actu)

Les fidèles du potager l’assurent : les produits sont ici, goûteux, de bonne qualité et parfois moins coûteux qu’en supermarchés. Et qu’importe qu’ils ne soient pas biologiques mais issus d’une agriculture raisonnée.

comme l’explique Isabelle : « En supermarché, cela m’agace de voir des bananes estampillées bio emballées dans du plastique ou d’autres aliments dans des grandes barquettes en plastique. Cela n’est pas du tout écologique, je trouve ça stupide. Moi au potager, je viens avec un grand sac, une caisse et je repars avec, sans compter qu’ici on sait comment les exploitants travaillent. » 

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500 sacs plastique en trois semaines

Dans la partie magasin, beaucoup de consommateurs viennent ainsi avec leur propre cabas, mais ce n’est pas encore un réflexe pour tous.

Nous mettons des sacs plastique à disposition, mais c’est mieux quand les consommateurs viennent directement avec leurs propres sacs. Je pense qu’il y a encore un effort à faire car moi qui fais les marchés, je rencontre beaucoup de personnes qui me demandent des sacs à usage unique, explique la maraîchère du site, Martine Dumesnil.

Julie Dumesnil qui tient la caisse, estime qu’un carton entier contenant 500 sacs plastiques, est écoulé toutes les trois semaines : « Je remarque un changement significatif chez les clients : en 2012 lorsqu’on nous avions ouvert, nous distribuons tous les sacs plastiques du carton rapidement, aujourd’hui c’est beaucoup moins. » La réduction des déchets est en passe de devenir un vrai sujet de société pour Andrée, végétarienne, présente dans la file d’attente du magasin : 

Est-ce que je prends des sacs plastiques ? Non je mets tout dans mon sac car il faut réduire leur utilisation. Je pense que c’est une prise de conscience qui doit venir de chaque personne. Il faut privilégier ce modèle pour notre santé et pour l’environnement.

Pour rappel, selon le ministère de la Transition Ecologique et solidaire, « plus de 700 espèces aquatiques sont impactées par les sacs plastique ». Des zones d’accumulation, parfois appelées « continents de plastique » ont été identifiées dans les océans. Les agences gouvernementales estiment qu’en Europe, 100 milliards de sacs plastique à usage unique sont consommés chaque année.

76actu

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