A Rouen, des étudiants préparent une édition « déchaînée » du festival Les Pluriels

A Rouen, des étudiants préparent une édition « déchaînée » du festival Les Pluriels

27 étudiants de l'université de Rouen (Seine-Maritime) terminent la préparation de la 23e édition du festival Les pluriels, qui se tiendra en mars 2020.

27 étudiants de l’université de Rouen (Seine-Maritime) terminent la préparation de la 23e édition du festival Les pluriels, qui se tiendra en mars 2020. (©MN/76actu)

Depuis plus de 20 ans, le festival Les Pluriels anime la vie culturelle à Rouen (Seine-Maritime). Cet événement reviendra du 18 au 21 mars 2020 avec quatre rendez-vous dans quatre lieux de la métropole. Presque entièrement gratuit, il a pour signature une programmation éclectique et imprévisible.

Pour cause : l’équipe organisatrice, réunie au sein de l’association Arts&Fac, change chaque année, tout comme le thème. Cette année, ce sera « déchaîné ». Le festival est préparé par les étudiants de troisième année de licence professionnelle en médiation culturelle et management des entreprises culturels, dans le cadre d’un projet tuteuré. Ils sont 27, âgés de 19 à 40 ans, à plancher ensemble sur cette 23e édition depuis octobre.

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« Vous allez vous taper dessus ! »

Craie à la main, Violette, la présidente d’Art&Fac, fait face à ses camarades dans une salle du campus de Mont-Saint-Aignan. Un ordre du jour est inscrit sur le tableau derrière elle. Jeudi, c’est l’heure du debriefing. La jeune femme mène les échanges : « On revendique un festival écolo. Est-ce qu’un lâcher de ballon, même s’ils sont biodégradables, paraît une bonne idée en termes d’image ? Non ? » Hochements de tête dans l’assistance.

Tout le monde est d’accord pour dire non ? Alors c’est non.

De l’image renvoyée par des ballons au nombre de fours dispos pour réchauffer les plats avant une soirée en passant par l’élaboration du logo ou l’obtention des espaces où produire les artistes, chaque détail compte dans l’organisation d’un festival. L’expérience du terrain permet de s’en rendre compte. Les étudiants sont réunis en quatre commissions : programmation, médiation culturelle, logistique, administration et communication, toute fondamentale pour l’émergence du festival. Certains se sont dirigés vers leur métier de cœur, d’autres ont choisi d’aller découvrir des compétences inconnues.

L’investissement va bien au-delà des questions d’organisation. Les étudiants s’engagent bénévolement dans de nombreuses tâches pendant le festival et lors des événements annexes comme tenir les vestiaires, faire le service, gérer les caisses, la cuisine ou encore accueillir le public, mais aussi les artistes.

La plus grosse contrainte s’avère de travailler à 27, un effectif disproportionné pour un festival de taille moyenne. Cela demande beaucoup de capacité d’adaptation. « On nous disait : ‘vous allez voir, en janvier, vous allez vous détester et vous taper dessus !’, raconte Violette. On n’avait pas envie de ça, alors on essaie de travailler sur la communication pour que ça se passe bien. »

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La difficile quête des financement

L’ambiance a finalement l’air détendu à mi-parcours de l’aventure. Il faut dire que tout commence à être sur des rails. Les étudiants ont fixé le thème : « déchaîné ». Ils ont arrêté la programmation, l’affiche, des événements annexes en amont du festival, une bonne partie des questions logistiques et, surtout, ils ont trouvé les financements, nerf de la guerre.

C’est à l’administration qu’incombait la tâche de trouver des sous. Il y avait une grosse pression de ce côté, le départ s’étant effectué avec un trou dans la caisse de 3000 € laissé par la précédente équipe. Autant dire qu’il a fallu aller un peu plus loin que de la vente de crêpe et de gâteaux pour atteindre un budget avoisinant les 12000 €, même si c’était également au programme.

Il faut aller faire un tour dans le bâtiment A à MSA ! Vente de Gâteau au profit du festival !

Publiée par Festival Les Pluriels sur Mardi 12 novembre 2019

« On s’est tourné vers des partenaires habituels et l’argent d’un nouveau dispositif en place,  la CVEC [contribution de vie étudiante et de campus, NDLR.], raconte Florent. On pense aussi au mécénat privé, mais c’est très compliqué. Notamment parce que l’organisation renouvelée, avec des interlocuteurs qui changent tous les ans, pose problème. »

D’autant qu’il n’est pas toujours facile d’être respecté par les personnes sollicitées quand on est étudiant, malgré le sérieux du festival et les fonds publics injectés. Les choses tendent à évoluer peu à peu au fil des partenariats liés entre la culture à l’université et les institutions. « C’est le cas grâce au festival Spring par exemple, explique Florent. Des anciens de la licence commencent également à se trouver en poste parmi nos interlocuteurs. »

Une édition énergique et foutraque

Les étudiants ne sont pas laissés seuls dans leur galère. Ils peuvent compter pour les aiguiller sur trois tuteurs, issus du Centre dramatique national (CDN) : Charlotte Flament, secrétaire générale, Fabien Jean, chargé des relations pub et Philippe Camaux, directeur adjoint. Aujourd’hui, Charlotte prête l’oreille à la réunion. Elle intervient sporadiquement pour aiguiller les étudiants, comme elle l’explique :

Ce projet leur appartient. On était très présent au début, mais désormais on leur laisse le champ libre. On est simplement garant qu’ils restent dans les temps et qu’ils ne fassent pas une trop grosse bêtise. On ne leur donne pas tout en main. Ils doivent se débrouiller. On peut les laisser se planter, aussi.

Ce postulat conduit le groupe à goûter aux joies du métier comme à ses affres. Il y a eu évidemment quelques égarements depuis le début, voire des déceptions, et un abandon. Des vocations se créent par ailleurs. Des caractères s’affirment. Nombreux sont ceux qui pensent déjà à l’après et à leur futur stage, comptant pour une partie de la note

Tout le monde a surtout dans un coin de la tête le festival qui approche à grand pas. Les premières annonces sur la programmation ont commencé. Les posts à l’esthétique un brin punk détaillent une cuvée résolument énergique et un brin foutraque avec des concerts, de la contorsion, du conte, des conférences, du graffiti, de l’acrobatie, du documentaire, de la danse, de la photo ou même un cabaret drag queen. La programmation finale sera révélée le 20 février prochain.

⚡️ Samedi 21 mars ~⁣⁣⁣⁣⁣⁣▪️Tallisker, artiste multi-instrumentiste rouennaise défendra les esthétiques électroniques. Un joli mélange de post-folk et de rave, associés à ses origines perses.

Publiée par Festival Les Pluriels sur Samedi 15 février 2020

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