Pour financer sont projet, Valgo revend la ferraille découpée sur l’ancienne raffinerie. Au total, 75 000 tonnes de métaux seront évacuées en filière de recyclage. (©RT/76actu)
Le pari de la transformation de Petroplus n’était pas gagné d’avance. À Petit-Couronne, le groupe Valgo affiche sa réussite : la dépollution de 80 hectares, dont 60 étaient réservés à l’ancienne raffinerie. Des terres qui ont subi différents accidents industriels depuis 1929, déversant entre 10 000 et 12 000 m3 d’hydrocarbures dans les sols. Fort de ce succès, Valgo part à la conquête d’autres friches polluées.
170 friches industrielles en Normandie
La Normandie semble être la nouvelle terre de prédilection de ce groupe créé à Toulouse (Haute-Garonne), en 2004, à la suite de la catastrophe d’AZF. Après avoir implanté son siège social en lieu et place de l’ancienne raffinerie, Valgo va dédier une dizaine d’hectares à une « plateforme réservée aux terres polluées, afin de traiter les friches normandes. On est optimiste sur notre capacité à pouvoir recycler d’autres terres polluées en Normandie », avance François Bouché, président directeur général de Valgo.
Un vestige de bitume en photo. "Il ne faut pas être impressionné par l'aspect noir et sale du produit. Il est solide et peu impactant pour l'environnement", explique @Valgo_groupe pic.twitter.com/883sAs4rgT
— Raphaël Tual (@raphtual) September 13, 2019
« La Normandie compte 170 friches industrielles. Nous avons besoin d’opérateurs industriels comme celui-ci. Ce qui a été réussi ici doit pouvoir se réaliser ailleurs », déclare le président de la Région Normandie, Hervé Morin, lors d’une visite des lieux organisée vendredi 13 septembre 2019. Pour le président de la Région, « c’est encore mieux lorsqu’on n’est pas obligé d’injecter beaucoup d’argent et qu’un industriel peut valoriser une friche ».
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L’avantage de l’axe Seine
La plateforme de traitement des terres sera effective d’ici à l’automne. La localisation de Valgo semble n’offrir que des avantages, en bord de Seine. « Cela permet une accessibilité aux sites et surtout un coût de transport en barge nettement plus avantageux qu’en camion », appuie François Dellarosa, responsable du site de Petit-Couronne.
« Il y a en beaucoup le long de l’axe Seine. On en regarde une en ce moment en Seine-Maritime », précise François Bouché, sans vouloir en dire davantage. La naissance de cette plateforme a permis à Valgo la création de « 10 à 20 emplois », selon son PDG.
Un parc d’activités
Sur les terres de l’ancienne raffinerie rouennaise, déjà une douzaine d’entreprises se sont installées. Une vingtaine verront le jour d’ici 2023, permettant l’implantation d’au moins 1 000 emplois, principalement dans le BTP et la logistique.
Fin juillet, le permis de construire a été déposé. Le début des travaux est espéré pour le début d’année 2020. Au milieu de ce parc d’activités géant seront plantés 375 arbres et reconstitués 8,1 hectares d’espaces verts et 5,2 hectares de bois. « On ne va pas recomposer la forêt amazonienne, ce n’est pas l’idée, mais avec ce développement vert, nous pouvons lutter contre les îlots de chaleurs. Nous composons avec la réalité du réchauffement climatique », se prévaut Valgo.
Une vue 3D de ce que sera cette immense zone d’activités. (©Valgo)
• EN IMAGES. Découvrez l’ancien site Petroplus en période de dépollution :








