Chorégraphe et danseuse-interprète, Fanta Tounkara présente actuellement le premier spectacle de sa compagnie, Mots de femmes. La Rouennaise est également impliquée dans « Transfuges », joué ce mois-ci à la salle Louis-Jouvet.Fanta, elle danse comme elle respire : depuis toujours et pour longtemps encore. Née à Paris dans une famille où la danse et la musique tenaient une place importante – « mes oncles étaient impliqués dans le mouvement rap des années 80, mes tantes dansaient toujours à la maison » -, Fanta Tounkara poursuit sa propre histoire du côté de Rouen depuis une douzaine d’années. Son parcours, guidé par les rencontres et les inspirations, l’a menée en tournée avec l’humoriste Florence Foresti, en 2006, ou la star de la chanson chinoise, Vivi, un peu plus tard. Son tour du monde de la danse l’a aussi transportée du côté de la Jamaïque, à Dubaï, Los Angeles, au Brésil ou en Suisse.Mais c’est bien à Rouen qu’elle a créé sa compagnie Mots de femmes, en 2019. En février dernier, son premier spectacle, Kuma, était présenté au public lors du festival de L’Étincelle, « Toute première fois ». « J’ai l’habitude de travailler pour les autres, mais cette fois, c’est une histoire personnelle pour chacune des interprètes qui est présentée, on parle de nos vies à travers le regard de nos mamans. C’est comme une mise à nu », révèle Fanta. Passée l’appréhension, place à l’action. Mots de femmes ira prendre ses repères et nouer quelques contacts du côté d’Avignon, lors de l’édition 2022 du festival, en juillet prochain, grâce au dispositif d’aide de l’Odia Normandie. Et pourquoi pas jouer le spectacle là-bas en 2023 ? « Il faut se donner les moyens, avoir de l’ambition. J’ai toujours visé le 20/20 pour avoir au moins 18/20 », sourit celle qui a toujours baigné dans la culture hip-hop sans pour autant s’y enfermer.Un spectacle en réponse à KumaÀ 37 ans, Fanta Tounkara ne se lasse pas d’enseigner, elle donne toujours des cours de danse, tout comme son conjoint, avec qui elle a développé le concept « Style and Feeling » à Rouen et alentour. « Je suis aussi investie dans des actions culturelles, avec des élèves des écoles rouennaises, ou au Centre Malraux avec Mots de femmes. Pour donner envie et transmettre des messages. » On la retrouve en ce mois d’avril, à la restitution du projet Transfuges, mené avec d’autres acteurs culturels locaux à L’Étincelle : « une superbe initiative qui mêle hip-hop, théâtre et boxe à des habitants des Hauts-de-Rouen », témoigne-t-elle. Le spectacle est programmé le samedi 9 avril à 15 h 30 à la salle Louis-Jouvet.Et après ? Le plein de projets ! Un regard chorégraphique sur le Bowary de la compagnie rouennaise Chiendent en juin, et l’écriture d’un autre spectacle pour Mots de femmes. « Ce sera une réponse à Kuma, avec seulement des hommes sur scène », raconte Fanta. La chorégraphe n’a pas fini d’interroger son histoire, celle de sa grand-mère Touareg du Mali et celles des femmes qu’elle a côtoyées et qui souffrent en silence. FLInformations pratiquesToute l’actualité de Fanta Tounkara sur fanta-tounkara.comCrédit photo © Quentin Brelivet