De la musique, du théâtre, de la danse, du cirque… Ce sera une soirée plurielle. Les artistes se mobilisent pour venir en aide aux Ukrainiennes et aux Ukrainiens et avoir une pensée pour les opposants russes. Ils sont réunis samedi 26 mars au Théâtre des Arts à Rouen par le collectif Scènes solidaires pour la paix qui compte 17 salles de l’agglomération rouennaise.
« Une fois l’étape de sidération et d’effroi passée, il y a eu cette évidence de manifester publiquement notre soutien. L’Europe de la culture existe ». Et elle est à défendre. Loïc Lachenal, directeur de l’Opéra de Rouen Normandie, a convié 16 structures culturelles de l’agglomération rouennaise, réunies dans le collectif Scènes solidaires pour la paix, lors d’une soirée de soutien à la population ukrainienne et aux Russes souffrant de l’oppression du régime en place.
Une soirée avec plusieurs propositions artistiques : de la musique avec l’orchestre de l’Opéra, Huit Nuits, Frédéric Jouhannet, Zadig, de la danse avec Charlotte Rousseau et Ashley Chen, du cirque avec la compagnie Bêstîa, de la marionnettiste avec Camille Trouvé et Brice Berthoud, des lectures avec Catherine Delattres et Maryse Ravera.
Un manifeste
Lors de cette soirée, le collectif a invité plusieurs associations qui mènent des actions caritatives, la CIMADE pour évoquer le droit d’asile, la Fondation de France à qui sera reversée les fonds récoltés pour développer les programmes Urgence Ukraine et Aide aux migrants. « Nous sommes dans notre rôle, remarque Loïc Lachenal. Cette soirée s’inscrit dans le prolongement de ce que nous programmons tous. Par exemple, à l’Opéra, nous sortons d’un Lac des cygnes avec une fin mazoutée, Baby Doll questionne les migrations ».
Les artistes ne cessent de s’interroger sur l’état de santé du monde. Ils porteront une parole lancée il y a quelques jours par le collectif Scènes solidaires pour la paix dans un manifeste. Pour Raphaëlle Girard, directrice du Rive Gauche à Saint-Étienne-du-Rouvray, « il est difficile de rester sans rien dire, de ne pas venir en soutien aux artistes. Quand il y a une guerre, on les fait taire. On les enferme. Cela nous terrifie. Dans toutes les dictatures, c’est l’art que l’on fait disparaître en premier ». Annie Mabillais, directrice du Sillon à Petit-Couronne, rappelle aussi cette nécessité d’être « solidaires de tous ces lieux culturels qui ne peuvent pas fonctionner ».
Aujourd’hui, « il y a longtemps que nous n’avions pas ressenti cette menace sur ce qui nous anime, la liberté d’expression, poursuit le directeur de l’Opéra de Rouen. Ces périls nous touchent. Cette liberté est constitutive de notre société. Nos lieux sont des espaces de la représentation artistique, poétique de cette société ».
Infos pratiques
- Samedi 26 mars à 20 heures au Théâtre des Arts à Rouen.
- Tarif : 5 €, possibilité d’un don
- Réservation sur www.operaderouen.fr