Experte pour l’émission « Affaire conclue » sur France 2, Delphine Fremaux-Lejeune vit à fond son métier de commissaire-priseur. Cette grande prêtresse de la distribution des prix accompagne les objets vers leur seconde vie.En admettant que les « objets inanimés » aient une âme, comme le suggérait Lamartine, il ne leur manquerait que la parole. C’est par la voix du commissaire-priseur qu’ils expriment leur parcours et leur potentiel. En charge de l’authentification, de l’évaluation et de la nouvelle affectation de biens, le commissaire-priseur peut renvoyer une image froide, voire glaciale. Commissaire-freezer ? L’autorité liée au terme « commissaire » joue, tout comme le prestige de cet officier ministériel qui juge l’objet et l’adjuge.Pour désacraliser la fonction, rien de tel qu’une rencontre avec Delphine Fremaux-Lejeune, personnalité rayonnante propulsée figure de proue du métier grâce à son statut d’experte pour l’émission « Affaire conclue ». « Depuis trois ans, j’ai une chance formidable de me consacrer une journée par semaine au tournage dans les studios de France Télévisions. Un million et demi de téléspectateurs regardent au quotidien. »Et la dame de poursuivre : « Affaire conclue joue un rôle pédagogique digne d’une chaîne du service public. Partager ainsi notre métier avec le grand public, ça le désenclave. Une bienveillance nouvelle s’installe à notre égard. C’est encourageant de constater la sensibilité des gens au patrimoine, à l’histoire. Il existe un véritable engouement populaire pour le grenier de la France. »En activité depuis 15 ans, Delphine a implanté en 2019 sa maison de ventes aux enchères Normandy Auction dans un ancien garage automobile au 60 rue Verte. Un bâtiment de plus de 500 m2 avec des structures dans l’esprit d’Eiffel, lieu qu’elle a transformé avec son mari et associé Jérôme, ingénieur de formation.Fille du patron de la filature de Saint-SeverRésultat, 6 salariés pour 40 ventes par an (dont 15 uniquement sur Internet) représentant 10 000 objets en transit. Delphine sillonne la France et la Belgique pour des inventaires au gré de ce qu’elle appelle le 3D : décès, divorce, déménagement. Elle anime aussi des journées d’expertise gratuite dans des mairies de la métropole et d’ailleurs (Bernay, Lille, Mons, Tournai…). »Je me qualifie de passeur d’objets. Je ne suis pas commerçante, je n’achète pas les objets pour les revendre. J’estime les biens que l’on me confie et je les mets en dépôt. J’évolue à la frontière entre l’art, la décoration et les antiquités. »A travers sa chasse aux tableaux et dessins anciens, statuettes, meubles, robes de luxe ou bijoux, Delphine voyage dans l’espace et dans le temps. Il lui a fallu acquérir un sacré bagage de connaissances. Cursus d’histoire-géographie à l’Université de Rouen, Institut d’art Michelet et fac de droit à la Sorbonne, Ecole du Louvre… Dix ans d’études et beaucoup de sacrifices pour réussir un concours hyper sélectif avec 15 élus pour 300 candidats. »La profession ne compte que 10 % de femmes. La première à exercer comme commissaire-priseur à Paris ne remonte qu’à 1978. » La native de Rouen, fille d’une relieuse de livres et du PDG de la filature de coton de Saint-Sever, mérite bien sa place au soleil. Humainement, cette intense professionnelle du juste prix est une personne de grande valeur.Découvrir l’activité de Normandy Auction à travers son site Internet