Rouen : La Fabrik à Yoops produit des tiny houses pour les sans-abri

Rouen : La Fabrik à Yoops produit des tiny houses pour les sans-abri

Dans la cour de l’entreprise La Fabrik à Yoops, située rue de Bapeaume à Rouen, une petite maison en bois est installée. « C’est la première tiny house
que nous avons fabriquée », s’enthousiasme Franck Renaudin, fondateur du programme « Un toit vers l’emploi ». Depuis plusieurs mois, Yani, qui a participé à sa fabrication, y habite. 
« Un toit vers l’emploi est un
programme qui a deux missions : trouver un toit aux personnes en
précarité et les réinsérer professionnellement »,
recontextualise Franck Renaudin. À partir de ce programme est né deux entités : depuis 2020, l’association La Case départ, installée rue de Bapeaume, accueille les sans-abri et les accompagne. Et, il y a un an, Franck Renaudin décide de lancer une entreprise de production de tiny houses, La Fabrik à Yoops, dans le même lieu.
Franck Renaudin, président de l’entreprise sociale et Lynda Lahalle, conseillère régionale déléguée à l’économie sociale et solidaire. (Photo Gazette Normandie)
À l’heure actuelle, cinq maisonnettes en bois de 14 m2 habitables (une devant le local de l’association et de l’entreprise, deux dans le quartier de Luciline à Rouen et deux autres route de Darnétal) bénéficient à des personnes en précarité accompagnées par La Case départ. Après une phase de test d’un an et une levée de fonds réussies, désormais « l’enjeu est de produire en
nombre ! » 
40 tiny houses fabriquées par an d’ici 2025
La Fabrik à Yoops lancera la production de trois nouvelles tiny houses en mars prochain. L’objectif est d’en produire 10 en 2021, puis de monter en puissance afin d’atteindre 40 maisons en bois fabriquées par an d’ici 2025, à partir de « matériaux les plus locaux possibles » et de manière « responsable pour l’environnement ».
Car, la demande est forte. La Case départ a accompagné 130 personnes en 2021, dont la moitié se trouvait sans logement. Sept personnes ont pu bénéficier d’une maisonnette. Et les retours sont encourageants : les cinq premiers bénéficiaires ont tous retrouver un emploi ou un formation, souvent en moins de trois mois. « Nous avons l’idée de les
proposer à la vente au prix de 40 000€ TTC à d’autres acteurs, comme des collectivités,
des associations ou des particuliers afin qu’eux-mêmes les proposent
à des personnes en précarité », annonce-t-il.
L’entreprise sociale vient d’obtenir des subventions d’un montant total de 70 000€ de la Région dans le cadre du dispositif Émergence ESS. Ces fonds devraient permettre la création de trois postes, notamment de charpentiers, et l’acquisition de machines pour moderniser la production. Une production qui pourrait s’effectuer dans un autre atelier d’ici le début de l’année prochaine : c’est le prochain projet de Franck Renaudin. Ce nouveau local devrait permettre la création de maisonnette à mezzanine.

Gazette Normande

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