Malgré
une récolte 2020 en retrait (-22 % de volume par rapport à 2019),
la coopérative régionale NatUp a terminé son exercice 2020-2021
avec une activité globalement stable avec un chiffre d’affaires au
30 juin de 1,138 milliard. L’EBE marque un léger retrait, passant
41,8 à 38,8 M€, ainsi que le résultat net à 15,7 M€ contre
17,7M€ l’an dernier. Patrick Aps, directeur général de NatUp :
« Nous sommes satisfaits de ce
résultat, qui, malgré un léger recul, reste d’un bon niveau et qui
traduit la résilience de notre modèle, avec les activités de
diversification qui sont venues s’agréger à notre activité
historique de collecte et approvisionnement. » Ces
dernières contribuent en effet aujourd’hui à hauteur de 32 % à
l’EBE du groupe et de 2 M€ dans le résultat net.
A
l’affût des opportunités
Rien
d’étonnant, donc, à ce que le groupe poursuive cette stratégie
devenue le marqueur du développement de NatUp ces dix dernières
années. « On ne s’interdit
rien, mais on ne fait pas n’importe quoi », aime
à rappeler régulièrement sur ce sujet, Jean-Charles Deschamps,
président du groupe. « A
l’intérieur de chaque pôle, on a cette ambition d’aller chercher de
la valeur ajoutée. »
Et
l’exercice écoulé n’aura pas dérogé à la règle. Durant l’année,
NatUp a ainsi intégré à sa branche « distribution » la
ferme marine de la Baie des Veys, un élevage de saumons, ainsi que
les 28 magasins « Les éleveurs de la Charentonne » (2
000 t de viande, 35 M€ de CA). Les Ets Lethuillier de
Gonneville-la-Mallet, (10 000 t de grains, 45 M€ de CA) ont
aussi rejoint la branche négoce. « Nous
sommes dans la cible des banques d’affaires, ce qui fait qu’on nous
en propose régulièrement, poursuit
Jean-Charles Deschamps. Actuellement,
nous sommes très sollicités sur les légumeries et activités de
circuits-courts… Alors oui, des projets on en a. »
Une
campagne qui s’annonce difficile
Au-delà
de cette croissance externe, NatUp poursuit aussi sa croissance
organique. Les investissements se sont ainsi élevés à 19,5 M€
durant cet exercice, alors même que les fonds propres ont été
consolidés à 225 M€. Pour la coopérative seule, et dans un
contexte particulièrement complexe, le chiffre d’affaires a été
de 610 M€ pour un EBE de 16,1 M€ et un résultat net maintenu à
12,3 M€. 5,3 M€ seront redistribués aux adhérents sous forme de
ristournes et intérêts aux parts sociales.
Sur
le négoce agricole, le vrai défi pourrait toutefois être à
relever sur la campagne en cours. La récolte 2021 a été très
mauvaise en quantité, mais aussi, et c’est plus embêtant, en
qualité. Elle peine à trouver son marché, alors même que les
cours montrent une énorme volatilité. Et les fortes hausses des
matières premières (pétrole, gaz…) ont entraîné une flambée
des prix sur les produits d’approvisionnement, et notamment sur
l’azote. La rentabilité des adhérents pourrait être malmenée.
« La coopérative continuera à
jouer son rôle d’amortisseur »,
rassure Patrick Aps. Reste à souhaiter que les marchés s’apaisent…
Pour
Aletheia Press, Benoit Delabre