Des chênes normands pour reconstruire à l’identique la flèche de Notre-Dame de Paris

Des chênes normands pour reconstruire à l’identique la flèche de Notre-Dame de Paris

C’est toute une filière qui se mobilise partout en France pour une oeuvre symbolique déterminante et symbolique: la reconstruction à l’identique de la flèche et de la charpente en bois de la cathédrale Notre-Dame de Paris détruite par le feu que l’on sait les 15 et 16 avril 2019.

Sont alors partis en fumée l’une des dernières grandes « forêts » datant encore de l’époque médiévale, à savoir la charpente couvrant la cathédrale dont certaines pièces dataient de la fin du XIIe siècle mais aussi la flèche néo-gothique établie par Violet Le Duc au XIXe siècle en bois de sapin,  à la croisée des transepts.

Dans les jours et semaines suivant l’incendie, certains pisses-froids adeptes d’une modernité absolue ont occupé bien inutilement le haut du pavé médiatique et politique pour tenter de nous convaince qu’il était techniquement et esthétiquement impossible de reconstruire ces charpentes à l’identique et en bois.

Ces belles personnes qui se croient autorisées à disserter sur tout et sur rien, ont, comme d’habitude, raconté des âneries faute de connaître exactement le sujet: la reconstruction à l’identique en bois et non seulement possible mais elle est même souhaitable pour respecter l’intégrité esthétique et la stabilité structurelle du monument.

Cette reconstruction à l’identique est possible pour plusieurs raisons:

1) La forêt française mais aussi la forêt normande peuvent fournir le bois de chêne nécessaire.

2) La mise en oeuvre peut être rapide, à l’instar de ce qui se faisait déjà au Moyen-âge: il est faux de croire qu’il faille préparer longuement des troncs d’arbres énormes pour faire une charpente médiévale de cathédrale alors que des éléments en « bois vert » plutôt légers et standardisés étaient utilisés si l’on en croit les historiens et archéologues spécialistes du sujet. Cette standardisation a même été inventée au XIIIe siècle pour la charpente et la taille de pierre afin de soutenir la demande immense générée par les grands chantiers de l’époque…

3) La charpente disparue est connue parfaitement dans ses moindres détails puisqu’elle avait fait l’objet d’une campagne de numérisation en 3D par rayon laser réalisée par un archéologue américain en 2018.

4) La reconstruction en bois de chêne de la flèche néo-gothique dessinée par Violet Le Duc sera même plus durable et stable puisque l’originale avait été fait en bois de sapin.

5) Enfin, il faut replacer sur la charpente qui leur correspond les statues exérieures qui ont été sauvées in extremis de l’incendie.

C’est pourquoi, nous  pouvons être fiers en tant que Normands à l’idée de savoir que des chênes séculaires provenant des forêts de notre région ont été sélectionnés pour participer à ce magnifique travail de résurrection.


 

https://www.ouest-france.fr/normandie/evreux-27000/reportage-des-chenes-de-normandie-pour-la-fleche-de-notre-dame-7141783

REPORTAGE. Des chênes de Normandie pour la flèche de Notre-Dame de Paris

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Ce mercredi 3 février 2021 a commencé le repérage dans les forêts privées françaises des arbres candidats à la reconstruction de l’ouvrage de Viollet-le-Duc. Quinze à vingt chênes a minima centenaires ont été choisis dans le massif de Conches-Breteuil, dans l’Eure.

Les larmes sont montées en quelques secondes aux yeux de Rémi Fromont. L’architecte en chef des Monuments historiques s’est déplacé, ce mercredi, avec deux de ses collègues dans une partie du massif privé de Conches-Breteuil, dans l’Eure, propriété de l’assureur Groupama. Objectif : lancer la sélection des chênes qui serviront à la reconstruction de la flèche de Notre-Dame-de-Paris.

Devant le premier arbre sélectionné quelques heures avant par une batterie d’experts et de patrons de scieries normandes, l’émotion l’a envahi. « Ça y est, c’est parti, on va la construire, cette flèche. » L’arbre en question, 180 ans au compteur, « était contemporain de Viollet-le-Duc, glisse Philippe Gourmain, expert forestier. Et il sera bientôt au milieu de Paris… »

Le coordonnateur des dons de chênes pour la cathédrale la plus célèbre du monde a conduit ce mercredi matin la première étape de cette reconstruction, après l’incendie du 15 avril 2019 qui avait vu la flèche s’effondrer en direct sur les écrans du monde entier. Entre quinze et vingt chênes a minima centenaires, au bois résistant et durable, ont passé le casting de ce chantier à l’identique pour lequel toute la filière bois française se mobilise. Les prélèvements se dérouleront dans des forêts privées sous forme de dons des propriétaires, mais aussi dans les forêts publiques.

Bois de cœur

La flèche nécessitera à elle seule environ 2 000 pièces de bois, soit 1 000 arbres de fortes dimensions. « Après l’incendie, on a entendu qu’il n’y avait pas assez de chênes en France pour reconstruire à l’identique… » balaie Philippe Gourmain.

Les critères des architectes sont très précis : « Droit fil, bois de cœur car il a une meilleure tenue, sans déformation », cite Rémi Fromont. La pression est maximale. « Cela fait cent cinquante ans qu’on n’a pas construit de flèche aussi complexe. On est très fiers mais c’est vertigineux », souffle l’architecte.

Un travail de sélection titanesque dans tout le pays, qui durera tout le mois de février. « Dans toute la France, il y a des propriétaires privés qui ont envie de donner, c’est un projet éminemment symbolique », salue Philippe Gourmain. Un joli geste, quand on sait qu’un chêne de belle stature et sans défauts peut valoir entre 3 000 et 4 000 euros. Après la sélection, viendra le temps de l’abattage en mars et du sciage, du printemps à l’été. La phase de séchage s’étalera entre douze et dix-huit mois. Les charpentiers réaliseront ensuite les assemblages fin 2022. La charpente pourrait être levée courant 2023.

La fin du chantier de la charpente est prévue en 2024, soit cinq ans après l’incendie. Conformément au souhait d’Emmanuel Macron.


 

Valorisation du patrimoine religieux rural normand: confirmation du réveil de l’intérêt pour sa sauvegarde, par exemple, à l’église de Saint-Victor-de-Chrétienville près de Bernay…

https://actu.fr/normandie/saint-victor-de-chretienville_27608/pres-de-bernay-quatre-etudiants-de-la-sorbonne-se-mobilisent-pour-le-patrimoine_39200371.html

Letoile de Normandie

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