Nous avons écrit sur ce sujet devenu si convenu, hélas, de la figure imposée de patinage politique artistique après annonce de fermeture d’usine, un billet bien sévère sur l’Etoile de Normandie et nous l’assumons…
Mais nous devons aussi, dans le sens inverse, tenir compte des initiatives quand il y en a même lorsqu’elles sont tardives et qui invitent à ne pas désespérer totalement de la parole publique de nos élus.
Enfin! Il était temps… Mardi 24 novembre 2020, Hervé Morin, le président de la Normandie et Nicolas Mayer-Rossignol, le président de la métropole et maire de Rouen étaient, ensemble, à Bercy dans le bureau du ministre de l’Economie, Bruno Lemaire (ancien député de l’Eure) en compagnie d’Edouard Guinotte, le PDG du groupe qui avait donc face à lui, trois grands élus « normands » accompagnés d’une véritable délégation (Dominque Gambier, le maire concerné par l’usine et Damien Adam, le député LREM de la circonscription) prêts, espérons-le, à défendre l’intérêt général de la première région industrielle de France…
Lire le compte-rendu de cette réunion donné par Xavier Oriot (Ouest-France, 25/11/20):
Vallourec près de Rouen. Hervé Morin et Nicolas Mayer-Rossignol demandent un moratoire d’un an
Après l’annonce de la fermeture par Vallourec de son site de Déville-les-Rouen, Hervé Morin, président de la Région Normandie, et Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen et président de la Métropole Rouen Normandie, ont rencontré ce mardi 24 novembre 2020 Édouard Guinotte, PDG du groupe, avant Bruno Le Maire, ministre de l’Économie.
Les deux élus normands étaient accompagnés de Dominique Gambier, maire de Déville-les-Rouen, et de Damien Adam, député LREM de la première circonscription de Seine-Maritime. Hervé Morin et Nicolas Mayer-Rossignol ont rappelé combien « les annonces du groupe industriel mondial Vallourec frappent un site industriel majeur de la Vallée de la Seine et ne peuvent que susciter colère et consternation, compte tenu de la mobilisation de l’ensemble des acteurs publics qui accompagnent ce site depuis la fermeture du laminoir en 2016 ». Ils ont réaffirmé combien Vallourec Déville-lès-Rouen (194 salariés) était « un fleuron européen du traitement thermique de métaux, encore à l’équilibre en 2019. Le savoir-faire de ses salariés ne saurait être remis en cause ».
« Manque d’ambition et d’anticipation »
Hervé Morin et Nicolas Mayer-Rossignol ont rappelé à Édouard Guinotte, PDG du groupe Vallourec, que « la BPI, et à travers elle l’État, est actionnaire à hauteur de 15 % du groupe » et regretté que « Vallourec n’ait pas entrepris davantage les diversifications nécessaires qui auraient pu permettre au groupe d’entrer plus fortement dans le défi de la transition énergétique et d’anticiper la baisse du prix du pétrole ». Les présidents de la Région et de la Métropole de Rouen estiment que « ce manque d’ambition et d’anticipation est clairement de la responsabilité de l’entreprise, qui doit assumer ses choix de court terme ».
Ils demandent donc à l’entreprise « un moratoire d’un an » – que Vallourec refuse pour l’instant -, « un engagement sur un fonds de revitalisation et d’investissement pour faciliter la reprise et, dans le cas d’un PSE (plan de sauvegarde de l’emploi), un niveau d’indemnisation le plus élevé possible ».
Enjeu d’intérêt national
Auprès de Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, Hervé Morin et Nicolas Mayer-Rossignol en ont appelé à l’État : « L’enjeu est d’intérêt national. Le gouvernement doit nous aider à faire pression sur Vallourec. La Vallée de la Seine représente le quart des établissements et la moitié des emplois salariés du secteur au niveau national. L’État ne peut assister sans réagir à la disparition progressive d’une industrie stratégique qui a marqué durablement le territoire. Il lui appartient de construire avec les collectivités une vision globale de ses mutations et une politique d’accompagnement adaptée des savoir-faire comme des salariés ».
