Le quotidien normand PARIS-NORMANDIE victime collatérale de la crise du coronavirus?

Le quotidien normand PARIS-NORMANDIE victime collatérale de la crise du coronavirus?

Dans un billet récent nous vous avions alerté sur la situation financière inquiétante sinon catastrophique dans laquelle se trouve la société éditrice du quotidien Paris-Normandie: Jean-Louis Louvel dans un premier temps et, ensuite, Pierre-Antoine Capton, les deux financiers qui devaient jouer les bonnes fées à la demande d’Hervé Morin, le président normand bien conscient de l’importance stratégique pour notre région de conserver dans notre métropole régionale un quotidien et un média indépendant, semblent vouloir ne pas honorer leurs promesses au vu de la situation qui s’est rapidement dégradée après plus de trois semaines de confinement, notamment Pierre-Antoine Capton, ce proche de l’actuel président de la République, enraciné en Normandie à Trouville, qui devait recapitaliser le quotidien pour le redéployer sur Internet mais aussi territorialement sur l’ensemble de la Normandie réunifiée: l’objectif étant, à terme, de faire de Paris-Normandie, le quotidien régional normand de référence diffusé tant à Rouen qu’à Caen ou au Havre.

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres: dans la tempête actuelle il faut de la trésorerie disponible et seuls les grands groupes multimédias en disposent.

La réunification médiatique de la Normandie n’est toujours pas complètement réalisée: elle l’est de plus en plus sur Internet avec une proposition très active en provenance des sites internet de Paris-Normandie (justement), de Tendance-Ouest- La Manche Libre- Le courrier cauchois et de l’incontournable Publihebdos, la filiale virtuelle et papier des titres hebdomadaires locaux contrôlés par le groupe éditant Ouest-France: avec le site « actu.fr » décliné sur toute la France en fonction des régions administratives, la veille informationnelle normande est donc réunifiée à l’initiative d’un groupe de médias dont les capitaux et le pilotage sont… bretons.

Avant que ne soit confirmée la solution financière apportée par Pierre-Antoine Capton, il a été, un temps question de contacts entre Jean-Louis Louvel (désireux de retirer d’une partie du capital de Paris-Normandie pour se lancer dans une aventure politique municipale rouennaise aujourd’hui enlisée dans l’après crise du covid-19) et le groupe Leclerc qui contrôle le réseau de radio et le site internet « Tendance Ouest » ainsi que les deux seuls titres hebdomadaires normands échappant au monopole de Ouest-France-Publihebdos: La Manche-Libre et le Courrier cauchois.

L’idée que nous avions ici soutenue était que l’arrivée des titres de presse du groupe éditant Paris-Normandie dans l’escarcelle du groupe Leclerc, le seul groupe de presse multi-médias 100% normand et 100% indépendant des Bretons de Ouest-France, était l’occasion de créer, enfin un groupe multi-médias 100% normand, 100% indépendant et couvrant la Normandie à 100%.

Mais derrière cet objectif louable il y a quelques réalités rugueuses qu’il faut avoir le courage d’énoncer ici:

1) Un tel rapprochement entre les Rouennais de Paris-Normandie et les Saint-lois de Tendance Ouest ne manquera pas de poser la question des doublons, des restructurations et des suppressions de postes: dans un tel projet y aurait-il la place pour deux imprimeries modernes? Celle de Saint-Lô qui imprime le gratuit métropolitain « Tendance Ouest », l’hebdomadaire La Manche Libre et le Courrier cauchois. Celle de Déville-les-Rouen qui imprime toutes les déclinaisons éditoriales de Paris-Normandie. On doit craindre d’avoir répondre par la négative à cette question.

2) Plus inquiétant: nous avons constaté et nombre des lecteurs de l’Etoile de Normandie en ont fait aussi la désagréable expérience que les titres de presse appartenant à de grands groupes se ressemblent de plus en plus par la ligne éditoriale et les contenus traités et ce pour des raisons comptables voire industrielles qui nous éloignent quelque peu de l’idéal du journalisme. En effet, à l’instar de ce qui a été fait par le groupe EBRA possédé par le Crédit Mutuel qui a racheté ces dernières années quasiment la totalité des titres de la presse hebdomadaire ou quotidienne des régions de l’Est de la France, on peut craindre que ne soit appliqué en Normandie la méthode de n’avoir qu’une ou deux rédactions réellement actives et créatives pour alimenter en contenu des dizaines de titres différents: à la fin c’est toujours le même poisson passablement faisandé mais c’est la couleur du papier qui l’emballe qui change en fonction du territoire de diffusion.

Cette méthode, nous l’avons vue à l’oeuvre dans les titres de la presse hebdomadaire locale de Normandie qui était, autrefois, d’une infinie richesse avec un titre par pays ou par département normands. Depuis la prise de contrôle par le groupe Publihebdos -Ouest-France, on ne voit guère la différence entre le démocrate Vernonais et la Renaissance-Le Bessin, si ce n’est la page locale des chiens écrasés: nous assumons la caricature de ce constat mais c’est bel et bien la direction éditoriale prise. Le fait que nos lecteurs nous ont fait remarquer récemment que Le Courrier cauchois ressemblait de plus en plus à La Manche Libre (et vice-versa) doit nous alerter: l' »ébraïsation »de la presse normande menée tant par le groupe Ouest-France que par le groupe Leclerc est en marche!

Que faire?

Il y a urgence à ne pas laisser tomber le titre Paris-Normandie, ça va sans dire! Ce sera l’une des urgences normandes à traiter lorsque l’actuelle crise sanitaire sera enfin terminée. On peut raisonnablement penser que le dossier est suivi de près par Hervé Morin le président de la Normandie.

Question: des collectivités territoriales normandes (le conseil régional, le conseil départementale de la Seine-maritime, la métropole de Rouen) oseraient-elle entrer dans le capital de Paris-Normandie? Au risque de se voir reprochée la même situation de conflit d’intérêts politiques qui fut soulevée lorsque Jean-Louis Louvel, le roi de la palette, premier sauveteur du titre s’était présenté aux élections municipales à Rouen.

Il n’y a que des mauvaises solutions dans ce dossier. Mais il ne faudrait pas perdre de vue l’urgence: la Normandie doit assurer son indépendance et sa souveraineté médiatique pour que la réunification soit définitivement acquise dans toutes les consciences normandes.

La crise actuelle est une grande épreuve: la Normandie réunifiée pourrait en sortir plus forte. A condition que les Normands en soient correctement informés!

C’est ce que nous tentons de faire ici sur l’Etoile de Normandie depuis de nombreuses années et nous vous remercions encore pour votre fidélité et votre soutien.


 

https://www.francebleu.fr/infos/economie-social/coronavirus-le-journal-paris-normandie-vers-une-liquidation-judiciaire-avec-poursuite-d-activite-1586611963

Coronavirus : le journal Paris-Normandie vers une liquidation judiciaire avec poursuite d’activité ?

logo_8332

La crise liée au Covid-19 pourrait faire une première victime dans le monde médiatique. Le journal Paris-Normandie demande une procédure de liquidation judiciaire avec poursuite d’activité. Les ventes au numéro et la publicité se sont effondrés à cause du coronavirus.

La crise du Covid-19 pourrait faire très mal au journal Paris-Normandie. Depuis quelques années, on sait le journal fragile, le coronavirus pourrait asséner un nouveau coup au quotidien, qui aurait demandé une procédure de liquidation judiciaire avec poursuite d’activités. Paris-Normandie avait été placé en redressement judiciaire, puis repris par l’entrepreneur normand Jean-Louis Louvel, candidat cette année à la mairie de Rouen, mais les difficultés semblent cette fois très importantes. 

Paris-Normandie continue d’être distribué dans les bar-tabacs, les kiosques et à ses abonnés, mais les ventes au numéro s’effondrent et les publicitaires n’investissent plus dans le journal. En cause, le confinement lié à la crise du Covid-19 : les lecteurs se déplacent moins et achètent moins le journal. Conséquence de cette baisse du lectorat, les publicitaires ne veulent plus investir. 

Une baisse de 20% des ventes au numéro au début du confinement

Il y a deux semaines, au début du confinement, le directeur général du journal, Valéry Jimonet nous confiait que les ventes étaient déjà en baisse, environ 20% de moins pour la vente au numéro. Le journal est également passé de sept éditions régionales à une édition mutualisée.

La situation semble s’être aggravée puisque, ce vendredi 10 avril, le quotidien a lancé un appel aux lecteurs pour qu’ils s’abonnent. En effet, le journal, grâce à son imprimerie et à ses livreurs pouvait encore livrer le journal à ses plus fidèles lecteurs. Une sorte d’appel à l’aide.

Une source proche explique que la Régie normande de publicité (RNP) a été la première à faire une demande de liquidation, à la fin de cette semaine. Son directeur, Jean-Luc Sontag le confirme : « Je ne voyais aucune issue aux prochains mois. Et à la sortie du confinement, les annonceurs auront peut-être autre chose à faire qu’à communiquer de suite. Maintenant, on attend la décision du tribunal de commerce. » 

Le journal a perdu 90% de ses revenus liés à la publicité pendant cette crise. 

Jeudi 16 avril, un Comité social et économique (CSE) doit se tenir pour évoquer le cas de la SNIC, la Société normande d’information et de communication, qui concerne cette fois les journalistes. 

Le Syndicat national des journalistes (SNJ), via ses délégués syndicaux, explique vouloir « rester mobilisé et vigilant pour assurer la survie du journal et de ses emplois. Malgré les difficultés, nous voulons croire en l’avenir de notre journal. » 

Selon le média spécialisé Arrêt sur images, une lettre informant les salariés de cette liquidation judiciaire a été envoyée ce samedi matin. 

Contactée, la direction de Paris-Normandie n’a pas souhaité s’exprimer. 

 

Letoile de Normandie

Les commentaires sont fermés.

Fabriqué avec WordPress | Theme: SpicePress par SpiceThemes