Un homme condamné à Rouen pour avoir lynché et laissé pour mort un « ami »

Un homme condamné à Rouen pour avoir lynché et laissé pour mort un « ami »

Un homme a été condamné à Rouen pour avoir sauvagement lynché un ami, à son domicile, en 2016.

Un homme a été condamné à Rouen pour avoir sauvagement lynché un ami, à son domicile, en 2016. (©RT/76actu/archives)

Un homme a été condamné par le tribunal correctionnel de Rouen (Seine-Maritime), mardi 10 mars 2020, pour avoir sauvagement agressé un « ami ». Le mobile de cette attaque préméditée reste encore flou.

Le 9 janvier 2016, vers 6h30, les gendarmes d’Yvetot sont informés des violences ayant eu lieu dans une habitation sur la commune de Wandrille-Rançon. À leur arrivée, les pompiers sont déjà sur place et prodiguent les premiers soins à la victime. À son domicile, des traces de sang sont retrouvées dans la chambre. Une casquette est également récupérée sur place. L’ADN retrouvé sur celle-ci est celui d’un certain Sam*.

Alice*, 17 ans, est entendue par les gendarmes. Elle indique être une amie de la victime qui l’hébergeait en raison de ses difficultés depuis plusieurs semaines. Selon ses dires, la victime lui aurait demandé de venir afin de lui remonter le moral, en raison de problèmes de couple.

« J’ai cru que j’allais mourir ! »

Alice confirme connaître Sam et avoir entretenu une relation adultère avec lui. Au cours de la soirée, elle consomme de l’alcool et de la drogue. Quelques heures après s’être couchée, elle entend des bruits, des cris. Deux hommes vêtus de noirs agressent son ami Jonathan* pendant 15 à 20 minutes. 

Entendu quatre jours plus tard, Jonathan*, explique connaître Sam pour l’avoir déjà hébergé. Aux enquêteurs, il indique avoir fermé sa porte de maison et être allé se coucher. En pleine nuit, il est réveillé par « une masse noire » qui l’a sorti du lit avant de l’asperger de gaz lacrymogène et de lui infliger de violents coups sur le visage avec « quelque chose de dure, un cric et une matraque télescopique », avant de  l’étrangler avec une ceinture : « J’ai cru que j’allais mourir ! » Il dit ne pas comprendre les raisons de son agression. Jonathan soupçonne Alice d’avoir ouvert la porte d’entrée à ses agresseurs.

Les constatations médicales sont édifiantes : fractures et traumatismes, tuméfactions importantes. Une interruption temporaire totale de travail ITT de deux mois lui est prescrit.

Lors de sa garde à vue, Sam reconnaît les faits. Alice, mineur au moment des faits, conteste toute implication et sera jugée en juin devant une juridiction pour mineur pour complicité de violences aggravées.

« Je voulais juste voler sa voiture »

À la barre, le prévenu reconnaît les faits : « Je voulais juste voler sa voiture et la vendre ensuite pour me refaire, mais tout a dégénéré. » Il reconnaît avoir prémédité son acte en demandant à la jeune Alice de laisser la porte ouverte. « Je suis entré chez lui cagoulé, armé d’une bombe lacrymogène et d’une matraque télescopique. Je suis sincèrement désolé pour la victime et sa famille », dit-il d’une voix parfaitement calme et posé au tribunal.

Jonathan, présent à l’audience, explique que depuis l’agression, il vit dans la crainte d’éventuelle représailles. Au tribunal, il demande une dernière fois au prévenu de donner le nom de son co-auteur. Sans succès.

L’avocate de Jonathan souligne « la barbarie des faits » et ne croit pas à la sincérité des regrets du prévenu. Il rappelle que ces faits ont été prémédités organisé et commis avec un tel acharnement que son client s’est vu mourir : « Il a été étranglé, son bras a été brisé, il a reçu un violent coup de barre de fer à la tête qui aurait pu lui être fatale. » Son client n’est plus le même depuis son agression : « Il a perdu sa femme son emploi et se retrouve aujourd’hui au RSA. » Elle demande une expertise médico-légal et psychiatrique de son client pour chiffrer son préjudice.

30 mois de prison requis

Pour le ministère public, les faits sont parfaitement établis : il s’agit d’une expédition punitive dont le mobile exact n’est pas connu. Il s’inquiète de la « froideur» du prévenu à l’audience et ajoute qu’il « a fait preuve d’une certaine barbarie en laissant la victime pour morte cette nuit-là ». Il requiert 30 mois d’emprisonnement dont huit mois avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans avec obligation de soins et d’indemniser la victime et interdiction d’entrer en contact avec elle.

L’avocat de Sam s’offusque de la façon dont est dépeint son client. Il rappelle qu’il s’agit bien de faits de violences et non de tentative de meurtre que le tribunal doit juger. Le conseil insiste sur la réinsertion professionnelle de son client, marié depuis peu avec trois enfants à charge et demande au tribunal une peine alternative à l’incarcération. 

Le tribunal se montre plus sévère et déclare Sam* coupable des faits reprochés et le condamne à la peine de trois années d’emprisonnement ferme.**

*Les prénoms ont été modifiés
**Cette peine est susceptible d’appel. Toute personne est présumée innocente tant que toutes les voies de recours n’ont pas été épuisées.

De notre correspondant Frédéric Bernard

76actu

Les commentaires sont fermés.

Fabriqué avec WordPress | Theme: SpicePress par SpiceThemes