ZAC de la Basilique, près de Rouen : le maire Laurent Grelaud apportera « une réponse juridique »

ZAC de la Basilique, près de Rouen : le maire Laurent Grelaud apportera « une réponse juridique »

Le maire de Bonsecours Laurent Grelaud annonce qu’il va déposer un recours au tribunal après le vote du PLUi de la Métropole, qui reclasse le site de la ZAC des Jardins de la Basilique en zone urbanisable différée.

Le maire de Bonsecours Laurent Grelaud annonce qu’il va déposer un recours au tribunal après le vote du PLUI de la Métropole, qui reclasse le site de la ZAC des Jardins de la Basilique en zone urbanisable différée. (©Isabelle Villy)

Près de Rouen (Seine-Maritime), le maire de Bonsecours Laurent Grelaud ne mâche pas ses mots : pour lui, le vote de la Métropole dans le cadre du Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi), concernant les terrains de la ZAC (Zone d’aménagement concerté) de la Basilique, est « une décision de circonstance politique, dans un contexte politique » : ce sont les mots mêmes qu’il a adressés le 13 février dernier, lors du vote du PLUI, au président Yvon Robert, l’assurant que la Ville de Bonsecours répondrait à cette « posture politique », par une réponse juridique. Le ton est donné et la détermination du maire de Bonsecours est sans faille : dans un entretien qu’il a accordé à la rédaction, il est revenu sur l’importance de ce projet de ZAC et sa nécessité pour la Ville…

Recours devant le tribunal

« Personne n’a vu venir ce vote », concède Laurent Grelaud, qui constate que cette requalification du site de la Ferme de Bonsecours en zone urbanisable différée n’est pas très claire : « Ça veut dire quoi ? On ne sait pas trop », martèle le maire de Bonsecours, convaincu que cette décision va « fragiliser le PLUI en cas de recours de la Ville de Bonsecours ». Et il confirme d’ailleurs qu’il y aura bien un recours devant le tribunal, car la procédure n’a pas été respectée. « Ces terrains ont une valeur (six millions d’euros) et il faut un projet qui tienne compte de la valeur de ce terrain. Je n’ai pas de plan B pour la ZAC », assène l’élu, assurant que le promoteur Nexity engagera très certainement, lui aussi, un recours.

« La Ville de Bonsecours n’est pas propriétaire du terrain »

« La Ville de Bonsecours n’est pas propriétaire de ces terrains et ne les achètera pas car elle n’en a pas les moyens », martèle Laurent Grelaud, qui met en garde les opposants à la ZAC : « Si elle ne se fait pas, dans ce cadre juridique qu’est la ZAC, créé par mon prédécesseur Max Martinez, les propriétaires du terrain pourront vendre à n’importe quel promoteur, pour n’importe quel projet. Cela pourrait être dangereux pour Bonsecours », prévient-il. Et le maire fait valoir que sans la ZAC, « c’est la préfecture et la Métropole qui prendront la main et imposeront d’autres constructions d’immeubles et densifieront le cœur urbain. Si la Métropole acquiert ce terrain, elle ne va pas dépenser des millions d’euros pour faire des cultures et élever des animaux », tacle Laurent Grelaud, faisant une allusion à peine voilée au projet nourri par l’association de défense de la ferme.

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Des enjeux politiques

Pour le maire de Bonsecours, ce revirement de la Métropole, alors qu’il y a quelques mois encore, tous les avis étaient favorables pour la ZAC, n’est donc que le reflet et la conséquence d’un climat politique. « La ZAC de Bonsecours est prise en otage de conditions politiques. Il fallait “envoyer un signe politique” selon les dires mêmes du président Yvon Robert, lorsque je l’ai rencontré avant le vote du 13 février », observe Laurent Grelaud, qui voit là une manœuvre pour « sauver Nicolas Mayer-Rossignol [tête de la liste Fiers de Rouen pour les municipales à Rouen, NDLR] et les écologistes ». Mais le maire de Bonsecours est bien décidé à ne pas faire les frais de cette manœuvre, estimant qu’on « ne balaie pas les choses d’un revers de main par rapport à des enjeux politiques. Ce n’est ni responsable, ni raisonnable ».

Les opposants « ne disent pas la vérité »

S’adressant maintenant aux détracteurs de la ZAC, à Bonsecours, Laurent Grelaud tient aussi à rétablir quelques vérités. Et pour commencer, il réfute avoir « gardé ce projet secret. On me dit que j’ai caché ce projet aux habitants… or, deux réunions publiques pour l’ensemble des riverains ont été organisées », plaide-t-il, pointant ensuite les contre-vérités diffusées par les opposants.

Ils ne disent pas la vérité quand ils font croire que l’ancien bâtiment de la ferme sera détruit : il sera entièrement conservé. Ils ne disent pas non plus la vérité quand ils soutiennent que les terrains sont actuellement des terrains agricoles : on ne fait plus rien sur ce terrain depuis 1962, il n’y a plus aucune activité agricole. Même des anciens de la commune le disent, énumère le maire de Bonsecours.

L’élu constate d’ailleurs que certains de ses opposants, à l’image de Marylène Follet, candidate à l’élection municipale du 15 mars, « a toujours voté pour la ZAC et au dernier moment elle vote contre. Et certains de ces opposants à la ZAC, défenseurs des terres agricoles, se gardent bien de dire qu’ils étaient favorables il y a quelques années au projet de la prison, qui devait être implanté sur un terrain agricole qui, lui, était encore exploité », dénonce-t-il…

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Une ZAC « nécessaire pour le développement »

Quoi qu’il en soit, Laurent Grelaud réaffirme pour sa part que la ZAC traduit une volonté de maîtrise de l’urbanisation et de respect du cadre de vie. « La maîtrise de l’urbanisme pour les opposants, c’est pas d’urbanisme du tout », résume le maire, qui insiste : « La ZAC est nécessaire pour le dynamisme et le développement de notre commune. Seuls de nouveaux logements permettront un apport de population profitable à nos écoles et nos commerces. Une commune qui ne se développe pas, c’est une commune qui meurt. »

La ZAC en quatre points
Laurent Grelaud revient sur les caractéristiques de la ZAC des Jardins de la Basilique, tels qu’ils ont été définis dans le projet…
• Superficie. La superficie totale des terrains est d’environ 18 hectares, dont 6 seulement représentent les parcelles constructibles. Le reste correspond aux espaces publics et naturels (chemins piétonniers, espaces verts, bois, voirie, zones de stationnement…). « Quatre hectares de bois vont rester, on n’y touchera pas. Et Bonsecours sera l’une des communes de l’agglo qui aura un hectare de parc naturel autour de la Basilique, dans lequel les arbres anciens existants seront conservés. Ce sera unique en France : une Basilique posée dans un écrin de verdure. Le parvis sera d’ailleurs refait dans le cadre de cette ZAC », souligne Laurent Grelaud.
• Densité. Le nombre de logements (360), c’est aussi un des arguments mis en avant par les détracteurs. Or, le maire de Bonsecours fait valoir que la densité sera seulement de 40 logements à l’hectare : « C’est peu quand on sait que la Métropole a fixé dans ses orientations de densification de constructions, un minimum de 55 logements ».
• La ferme. L’ancien bâtiment de la ferme sera intégralement préservé et conservé. « Ce sera un beau projet collectif, dans un parc. La Métropole n’a pas touché à cet aspect-là », signale Laurent Grelaud.
• Mixité sociale. Le projet de ZAC devrait aider à respecter le seuil de 20 % de logements sociaux fixé par la loi. « Aujourd’hui, on n’atteint pas ce seuil », fait remarquer le maire de Bonsecours.

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