Épidémie de coronavirus : les spécialistes du CHU de Rouen veulent rassurer

Épidémie de coronavirus : les spécialistes du CHU de Rouen veulent rassurer

Des responsables du Chu de Rouen (Seine-Maritime) et des services dédiés ont tenu vendredi 6 mars 2020 un discours rassurant à propos du coronavirus.

Des responsables du CHU de Rouen (Seine-Maritime) et des services dédiés ont tenu vendredi 6 mars 2020, un discours rassurant à propos du coronavirus. (©JBM / 76actu)

L’auteur de ces lignes avait mal démarré la rencontre, en présentant naïvement sa main pour la serrer aux différents intervenants du CHU de Rouen (Seine-Maritime), ayant convié la presse pour discuter coronavirus vendredi 6 mars 2020. Forcément, mesures d’hygiène oblige, ceux-ci déclinèrent : c’est que l’hôpital a mis en place depuis plusieurs semaines maintenant des règles strictes, pour éviter que le virus ne se propage, et surtout pas dans ses murs.

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Une « crise » qui va « être longue »

« L’équipe est mobilisée, déterminée, soudée et agit avec sang-froid », a martelé Guillaume Laurent, directeur général adjoint de l’établissement de santé rouennais. Face au coronavirus qui arrive, assure-t-il, « le CHU est prêt ». 

« C’est une crise dont on sait qu’elle va être longue », a-t-il ajouté, présentant ensuite la cellule mise en place pour y répondre, un groupe d’une grosse vingtaine de personnes issues de différents services, et se réunissant tous les matins. Quatre objectifs à ces conciliabules quotidiens :

  • Coordonner et faire circuler l’information ;
  • Prendre des décisions à effet immédiat ;
  • Anticiper (le coup d’après) ;
  • Organiser la communication interne et externe.

Et c’est dans le cadre de dernier point que la conférence de presse s’est tenue.

Les gens hésitent entre la fin du monde et la grippette, explique l’infectiologue Manuel Etienne, mais la majorité [de ceux qui contracteront le coronavirus, NDLR] vont avoir une forme sans gravité.

Et si les personnes du CHU présentes lors de cette conférence se préparent par définition « au pire », il est nécessaire pour le commun des mortels de ne pas tomber dans la « psychose ». 

Ainsi le professeur François Caron, responsable du service des maladies infectieuses et tropicales, a donné un exposé très didactique relatif au coronavirus, le mettant en perspective de la grippe, qui chaque année compte entre deux et huit millions de cas et cause entre 10 000 et 15 000 décès, là où le coronavirus touche pour le moment 93 000 personnes.

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Trois médecins dédiés à temps plein

« 80 % des cas de coronavirus sont des formes mineures », détaille-t-il. Et d’ajouter que parmi les cas avérés, « on ne compte que 2 % de décès, dont un tiers seulement concerne des sujets sans comorbidité ». Comprenez qu’à date, les personnes décédant du coronavirus sont majoritairement des personnes vulnérables.

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Ce que ne peut prédire le CHU (et donc ce qu’il craint), « c’est la vague épidémique, dont on ne peut pas savoir si elle sera petite ou grande », explique le professeur Caron, détaillant les différentes mesures mises en place actuellement par l’établissement de santé pour s’y préparer : « Trois médecins sont dédiés à temps plein au Covid-19, et ce depuis deux semaines au service infectiologie. Dans des situations comme celle-ci, l’hôpital sait toujours trouver de l’énergie », se félicite-t-il.

20 à 30 % des appels au Samu liés au coronavirus

Pour éviter que cette vague épidémique ne s’avère être un tsunami, les différents intervenants le martèlent : ce sont les petits gestes d’hygiène quotidiens qui sont les plus efficaces. Aussi, il convient de bien se laver les mains, d’utiliser des mouchoirs jetables, de tousser dans son coude, de ne pas aller travailler ou dans de grands rassemblements lorsqu’on a des syndromes grippaux ou lorsqu’on tousse.

Et aussi de ne pas appeler le Samu pour poser des questions en lien avec le virus, complète Cédric Damm, directeur médical adjoint du service : « On a entre 20 et 30 % d’appels qui concernent le coronavirus, dont la moitié ne devraient pas nous être destinés », estime-t-il, rappelant l’existence d’un numéro dédié (le 0 800 130 000). 

L’homme explique lui aussi combien l’équipe du Samu est rodée et motivée, faisant écho aux différents laïus des interlocuteurs présents face à la presse. Comme d’une seule voix, le CHU de Rouen appelle donc à ne surtout pas céder à la psychose, et se dit « prêt » à voir la vague épidémique débarquer. 

76actu

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