INTERVIEW. En ciné-concert, Éric Serra jouera la musique du « Grand bleu » au Zénith de Rouen

INTERVIEW. En ciné-concert, Éric Serra jouera la musique du « Grand bleu » au Zénith de Rouen

La salle du Zénith de Rouen sera plongée dans les profondeurs du Grand bleu.

La salle du Zénith de Rouen sera plongée dans les profondeurs du Grand bleu, samedi 7 mars 2020. (©Pierre Hennequin)

Il y a 32 ans, le Grand bleu sortait sur les écrans de cinéma. Le film est devenu un monument du 7e art. Il y a deux ans, le compositeur de la bande-son Éric Serra proposait une nouvelle immersion au public en mettant au point un ciné-concert. Le projet est actuellement en tournée en France et est à découvrir au Zénith de Rouen (Seine-Maritime), samedi 7 mars 2020. Le film sera diffusé pendant qu’un groupe de musiciens jouera à l’identique la BO du film.

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« Un film en 2D et une musique en 3D »

76actu : En quoi consiste un ciné-concert ?
Éric Serra : C’est simple, c’est la projection d’un film comme si nous étions au cinéma. On met un très grand écran, on projette le film avec une image retravaillée, donc de meilleure qualité. Il y a tous les bruitages, les dialogues, mais on a enlevé la musique. Je me trouve au pied de l’écran avec un groupe de musiciens que j’ai composé. Nous jouons le son d’origine, note pour note. C’est un peu comme si vous alliez voir le Grand bleu en version augmentée : le film en 2D et la musique en 3D. Jusqu’alors le ciné-concert proposait des films américains accompagnés par un orchestre symphonique. Avec le Grand bleu, c’est la première fois qu’il n’y a pas d’accompagnement avec un orchestre symphonique.

Quand on est musicien, jouer avec autant d’impératifs et disposer d’aussi peu de liberté de jeu, ce n’est pas frustrant ?
Là, nous n’avons pas une seule fraction de seconde de liberté. Ce n’est pas du jazz, il n’y a pas la moindre seconde d’impro. Nous sommes synchronisés à l’image. C’est un exercice périlleux que nous parvenons à mettre au point. C’est une autre forme de plaisir pour nous, comme un challenge.
Avec mon groupe habituel, nous faisons plutôt beaucoup d’improvisation. Là, c’est l’extrême inverse. On peut comparer cela aux tribus Apaches et aux compétiteurs hippiques. Ce sont tous les deux d’excellents cavaliers, mais le compétiteur est tenu à des règles, des impératifs, des détails. Avec mon groupe nous serions plus des Apaches.

Au final, quel type de concert préférez-vous, le ciné-concert où tout est cadré, ou le concert qui vous permet d’improviser ?
Je suis suffisamment éclectique pour savoir apprécier les deux.

Vous disposez également d’un écran qui vous permet de vous repérer par rapport aux passages du film ?
Nous avons un moniteur retour d’images à nos pieds. Mais nous avons surtout des ear monitors qui nous donnent des repères pour être parfaitement synchro avec l’image, même si on ne regarde pas le film. Nous nous servons plus de nos yeux pour lire nos partitions, car il faut respecter la musique à la note.

VIDÉO. Un aperçu du ciné-concert : 

Comment se prépare ce ciné-concert ?
Ce qui a été le plus long, c’est la création il y a deux ans. Il y a eu quasiment un an de travail pour monter ce projet. C’est complexe techniquement, il faut être synchro, jouer avec les sons d’origine… À l’époque, nous avions fait trois semaines de répétitions avant de jouer nos deux premiers shows à Paris.
Pour cette tournée, tout le processus de création est déjà fait. Tous les musiciens ont eu deux semaines de préparation individuelle, chez eux, avec le matériel utilisé sur scène. Ensuite, nous avons quatre jours de répétitions communes, un peu pour nous rafraîchir la mémoire.

Éric Serra et ses musiciens jouerons la bande son du Grand bleu à la note prês.

Éric Serra et ses musiciens joueront la bande-son du Grand bleu à la note prêt. (©Pierre Hennequin)

Comment composez-vous les musiques de film ?
Ça dépend du moment où l’on m’appelle dans le processus de réalisation du film. Parfois, quand il s’agit de Luc Besson, je peux être impliqué dès le début. D’autres fois, c’est quand tout est terminé, comme pour Goldeneyes ou le dernier Besson.
Ce que je préfère, c’est travailler à l’image, ça me permet de faire du sur-mesure, scène après scène.
Avec Luc, quand il me raconte le film avant de le tourner, j’y pense dans ma tête, ça mûrit. Je réfléchis à la palette musicale à utiliser, à voir si un orchestre symphonique serait mieux, ou quelque chose d’électro, si je peux apporter des éléments ethniques ou pas…

Combien de temps vous faut-il pour créer une BO ?
Ça dépend du temps qu’on me donne, ça peut être un mois et demi ou six mois. Je fais toujours dans ce temps imparti, je n’ai jamais réussi à faire moins. C’est étrange. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai arrêté d’essayer de comprendre.

Infos pratiques :
Au Zénith, avenue des Canadiens, au Grand-Quevilly, à 20 heures.
Tarifs : de 40 à 73 euros.

76actu

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