Vianney, un enseignant (deuxième en partant de la gauche) a été arrêté par les forces de l’ordre le 9 janvier dernier. (©Manon Leterq/76actu)
Ils étaient une centaine de syndicalistes, et Gilets Jaunes, rassemblés devant le palais de justice de Rouen (Seine-Maritime) à 13 heures, jeudi 27 février 2020, pour « soutenir Vianney », cet enseignant interpellé lors de la manifestation contre la réforme des retraites, le 9 janvier dernier. Il était convoqué par le procureur de la République pour un rappel à la loi au motif de « non dispersion après sommation ».
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Garde à vue de 24 heures
Ce jour-là, lors de la manifestation, Vianney avait été interpellé par les forces de l’ordre. Dans le même temps, des policiers avaient blessé deux autres manifestants. L’intersyndicale avait rapidement dénoncé des « violences policières ». La police parlait quant à elle d’une réponse proportionnée. L’enseignant avait par la suite était placé en garde à vue durant 24 heures.
Après l'arrestation d'un directeur d'école cet après-midi lors de la #manifestaion contre la réforme des #retraites à #Rouen, une délégation syndicale a été reçue au commissariat, avant d'aller demander des explications au palais de justice. pic.twitter.com/4rSV5cWCW1
— 76actu (@76actu) January 9, 2020
« C’était pourtant une manifestation calme et dynamique où l’on a eu une intrusion vive et musclée des forces de l’ordre. On n’a jamais compris le pourquoi du comment », souligne Gérald Le Corre, représentant syndical CGT.
« Surpris de ce qui s’était passé »
« Il a été arrêté comme des centaines de gens présents en essayant de se protéger des gaz lacrymogènes en remontant son col. On ne voit pas pourquoi il est convoqué pour un rappel à la loi. Les policiers n’ont pas d’infraction à lui reprocher dans le cadre de la manifestation hormis le fait d’avoir voulu se protéger des gaz lacrymogènes », indique Gérald Le Corre, qui veut pour preuve « la loi, extrêmement claire » précisant « que la dissimulation en manifestation est interdite hors motif légitime ».
Vianney a remercié les syndicalistes et ses amis, qui ont été en bonne partie « surpris de ce qui s’était passé », le jour de la manifestation. « Un moment, d’un seul coup, il y a eu des blessés, des gens qui se sont fait frapper, des gaz lancés. Il y a eu beaucoup d’émotion parmi les gens autour de moi. » Le principal intéressé ne s’est toutefois pas épanché sur cette affaire, parlant d’une enquête toujours en cours.
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