À Rouen, le bar de nuit L’Emporium ferme ses portes : le gérant en veut à la mairie

À Rouen, le bar de nuit L’Emporium ferme ses portes : le gérant en veut à la mairie

Face à des difficultés financières, le gérant de L'Emporium, rue Beauvoisine à Rouen (Seine-Maritime) est obligé de fermer ses portes.

Face à des difficultés financières, le gérant de L’Emporium, rue Beauvoisine à Rouen (Seine-Maritime), est obligé de fermer ses portes. (©Mathieu Normand/76actu)

Donald Hédouin, 59 ans, est dépité. Après avoir été patron dans le bâtiment, l’homme a racheté l’établissement nocturne L’Emporium Galorium de la rue Beauvoisine à Rouen (Seine-Maritime). « J’ai acheté un bar de nuit qui fermait ses portes à quatre heures du matin à 170 000 euros en 2016. Mais trois mois après l’ouverture, la mairie m’a demandé de fermer à deux heures du matin… »

Des caves fermées après le Cuba Libre

Après le drame du Cuba Libre, dans la nuit du 5 au 6 août 2016, Donald Hédouin a également été contraint de fermer les caves du bar pendant dix mois pour une mise aux normes. « C’était très contraignant pour moi car les caves, d’une taille de 80 m2, me permettent d’accueillir des concerts, le fonds de commerce de mon bar. Sans les concerts, c’était très difficile d’attirer les clients. »

Quand Donald Hédouin a acheté L’Emporium Galorium, il a voulu changer l’image de ce bar de nuit jugé « craignos » par de nombreux Rouennais. « Quand je suis arrivé, j’ai changé l’image et la clientèle du bar en proposant trois concerts par semaine. Je voulais vraiment en faire un lieu culturel. Mais avec la fermeture des caves, la fermeture à deux heures du matin… Je ne peux plus tenir. Je suis passé de quatre à deux salariés. Et là, j’ai demandé la liquidation judiciaire… »

Lire aussi : Incendie du Cuba libre à Rouen : les frères Boutrif condamnés à trois ans de prison ferme

Donald Hédouin en veut également à la mairie d’avoir « fait traîner » une demande d’ouverture de terrasse « pendant 18 mois ». « Je n’ai plus les moyens de me battre contre la mairie, souffle le gérant de l’Emporium. C’est dommage car mon bar est devenu vraiment sympa, c’est un endroit pour que les musiciens viennent se produire, un moyen pour les jeunes de jouer devant un public. Mais là, vraiment, je ne peux plus. »

Donald Hédouin organise donc son dernier week-end de concerts, jeudi 20, vendredi 21 et samedi 22 février 2020. 

Fermeture.Dernier week end pour l'empo et merci pour rien la mairieRouen est une très jolie ville, dommage quelle soit…

Publiée par Emporium Galorium Rouen sur Mercredi 19 février 2020

« La mairie, la préfecture et la police nationale font leur travail »

Face à ces critiques, la Ville de Rouen rappelle que « la mairie, la préfecture et la police nationale ne font que leur travail en faisant respecter les lois et règlements en vigueur. »

Jean-Loup Gervaise, l’adjoint au maire en charge de la tranquillité publique, semble cependant vraiment désolé pour Donald Hédouin. « Il est dans une situation indélicate car il a acheté un établissement non conforme. Depuis le drame du Cuba Libre, nous demandons à ce que la législation évolue et que les bars soit mis en conformité avant la vente. »

Mais pour l’heure, rien n’a bougé au niveau des textes de lois. En ce qui concerne l’horaire de fermeture à quatre heures du matin, réduite à deux heures, Jean-Loup Gervaise souligne que dans le droit commun, un bar a le droit d’ouvrir jusqu’à quatre heures dix fois par an. « Et s’il n’y a pas de problème, l’établissement peut demander une dérogation à la préfecture pour pouvoir ouvrir tout le temps jusqu’à quatre heures. « 

Lire aussi : Sécurité dans les bars. Après le drame du Cuba Libre, à Rouen, une députée veut changer les règles

« C’est dommage, il y avait un vrai potentiel… »

Pour Jean-Loup Gervaise, cette fermeture est « dommage » :

Avant, il y avait beaucoup de troubles, de plaintes. Ce qui n’est plus le cas. C’est dommage car la rue Beauvoisine est en train de changer, il y avait un vrai potentiel…

Mais Donald Hédouin est amer. « Je savais bien que l’ouverture jusqu’à quatre heures était accordé à un gérant, non pas à un établissement. Mais quand j’ai acheté l’Emporium, j’ai bien demandé aux services de la mairie si je pouvais ouvrir jusqu’à quatre heures, ils m’ont répondu oui… Sans ça, je n’aurais jamais acheté ce bar à 170 000 euros… Il y a eu trop de promesses, trop de déceptions… Il faut que je m’en aille. »

Lire aussi : Quatorze morts dans l’incendie du Cuba libre à Rouen : les enjeux d’un procès hors normes

76actu

Les commentaires sont fermés.

Fabriqué avec WordPress | Theme: SpicePress par SpiceThemes