Que change la réforme de la Paces pour les études de santé à l’université du Havre ? (©Archives / 76actu)
La Paces, clap de fin. Traditionnel rite de passage pour tous les aspirants aux études de médecine, maïeutique, odontologie ou pharmacie (MMOP), cette « première année commune aux études de santé » disparaît à la rentrée universitaire 2020/2021, sous l’impulsion de la réforme voulue par Emmanuel Macron.
Lire aussi : Édouard Philippe candidat aux municipales au Havre ? Réponse vendredi, lors d’un meeting
Choisir entre « chimie sciences de la vie » et « économie-gestion »
À sa place, deux nouveaux parcours post-bac aux sigles un peu barbares – le Pass (parcours spécifique accès santé) et la L.as (licence avec option accès santé) – ont vu le jour. Déjà une première certitude : dans la lignée de ce qu’elle proposait en visioconférence pour la Paces, l’Université du Havre (Seine-Maritime) offrira ces deux possibilités aux étudiants qui seraient retenus pour initier leurs études de santé dans la cité Océane. Avec quel mode d’emploi ?
« l faut reconnaître que la compréhension pour un lycéen de cette réforme n’est pas simple. Je pense aussi qu’au niveau des parents, il faut casser quelques schémas, contextualise Corinne Renault, vice-présidente formation et vie universitaire au Havre.
Résumons, donc. Pour le lycéen qui opte pour le Pass, Le Havre proposera dès la rentrée deux options disciplinaires de complément : « chimie sciences de la vie » et « économie-gestion ». Mêmes possibilités pour la L.as : outre l’option accès santé, l’étudiant havrais choisira une L.as « chimie sciences de la vie » s’il aspire aux MMOP, « économie-gestion » s’il ne cible que médecine et maïeutique.
La réforme de la Paces résumée en 13 minutes par un interne youtubeur https://t.co/PUaOewC54J
— syllogomaniac (@syllogomaniac) January 28, 2020
Dans les deux cas, une validation totale de l’année, puis un recrutement sur la moyenne ou sur dossier, seront nécessaires pour remplir les conditions fixées (et encore inconnues) par l’université de Rouen, où se dérouleront forcément la poursuite de ces études de santé. À noter que le diplôme de Pass n’est présentable qu’à une reprise, à l’inverse de la L.as.
En cas d’échec à intégrer les études de santé au terme des deux essais légaux, ce diplôme de trois ans pourra être entièrement suivi dans les locaux du Havre. Côté places, 128 sièges seront alloués au Pass, 72 pour les deux L.as. Sans omettre une offre de formation à destination des derniers redoublants Paces.
Collaboration maintenue avec Rouen
Comme Le Havre ne possède pas d’unité de formation et de recherche santé, il s’agira d’une nouvelle collaboration avec l’Université de Rouen, qui y voit un moyen d’alléger ses amphithéâtres de première année et d’élargir son influence, a fortiori dans un territoire bien souvent délaissé par les praticiens (10% des Havrais n’ont pas de médecin généraliste).
Depuis cinq ans, 250 étudiants havrais pouvaient déjà suivre leurs enseignements par visioconférence au sein du site Lebon. Pas d’interaction avec les enseignants comme le veut la tradition, mais des travaux dirigés assurés par un personnel rouennais. Une organisation semblable a donc été retenue pour septembre, alors que deux enseignants seront recrutés pour la nouvelle formule. À cette heure, impossible de savoir combien de lycéens auront été séduits par cette nouvelle offre de formation.
Les pouvoirs publics ont de leur côté acté cette poursuite de formation :
On est à peu près calés avec l’Université du Havre pour que ce qu’on a fait avec la PACES continue avec le Pass, expliquait Jean-Baptiste Gastinne le 23 janvier, quelques jours après une rencontre fructueuse avec le président de l’institution.
« Il y a eu un soutien précieux de la Communauté urbaine », abonde Corinne Renault. « Tout a été fait pour démarrer dans les meilleures conditions », assure la responsable.
La suite ? Développer de nouveaux parcours
Alors que se profile une première année aux airs de crash-test, des moyens humains supplémentaires seront nécessaires si l’offre de formation se pérennise. Deux autres enseignants, un ingénieur pédagogique, un personnel de secrétariat pédagogique ainsi qu’un technicien sont ainsi espérés pour faire croître l’offre havraise :
On veut offrir toutes les possibilités au Havre (…) Notre idée est d’accroître, à terme, le nombre de L.as. Ne pas seulement en avoir deux. Les directeurs de composantes sont dans cette réflexion-là.
À Corinne Renault le mot de la fin. « Notre logique c’est de croire qu’on va faciliter la réussite des bacheliers havrais pour accéder aux études de santé. C’est ça notre pari. On leur offre plusieurs possibilités, plusieurs voies d’accès pour réussir leurs projets. Avec une sécurité [des enseignements diversifiés, NDLR] qui limite les risques. »
Informations pratiques. Toutes les modalités des nouvelles études de santé sont à retrouver en cliquant ici. Dans le cadre des portes ouvertes, deux conférences d’explication seront en outre organisées à l’Université, samedi 1er février. La première, à 9h30, sera conçue en visioconférence avec les étudiants d’un amphithéâtre rouennais. La seconde présentation est programmée à 14 heures.