
Vendredi 27 décembre 2019, les forces de l’ordre sont informées d’un vol de carburant par les agents de sécurité de la société Suez à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime). Deux hommes ont été condamnés, lundi 30 décembre pour ces faits par le tribunal de Rouen.
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Ils se douchent avant l’arrivée des forces de l’ordre
À leur arrivée au sein de l’entreprise, vendredi 27 décembre 2019, les forces de l’ordre ont expliqué « avoir vu deux individus en train de siphonner des réservoirs de camions stationnés sur le parking de l’entreprise » résume la présidente du tribunal de Rouen, lundi 30 décembre.
Les deux individus s’enfuient et entrent dans une maison individuelle. Il s’agit de la maison de Jonathan*. Les policiers frappent à la porte, une femme vient à leur rencontre indiquant qu’elle est seule avec les enfants mais les policiers insistent et demandent à voir les deux hommes.
Ils constatent alors que les deux individus se sont lavés et changés afin d’éliminer les odeurs d’essence, indique encore la présidente du tribunal.
Des bidons de 50 litres d’essence sont retrouvés dans le jardin de Jonathan. Le préjudice est important : « six camions ont été siphonnés, 335 litres de gasoil volés, restitués depuis à la société » indique le tribunal. Jonathan et son beau frère David sont interpellés. En garde à vue, le premier nie toute implication. David lui reconnaît et dédouane son beau-frère.
« Je n’ai rien à voir avec cette histoire »
Jugé en comparution immédiate, le duo maintien ses déclarations. Jonathan se défend : « je n’ai rien à voir avec cette histoire, j’étais avec ma femme et mes enfants, j’ai vu David arriver en me disant qu’il avait fait une bêtise puis il a pris sa douche, il était accompagné d’un autre type qui après s’est enfui de la maison ».
Le tribunal s’interroge : « Pourquoi aviez-vous pris une douche ? » Jonathan répond de manière peu convaincante : « parce que je venais de changer la couche de ma fille ».
David, lui ,reconnaît les faits qui lui sont reprochés et s’en explique : « J’ai agi sur les ordres d’un dénommé Steve, j’étais avec lui ce soir là, on a sauté la clôture et on a siphonné du gasoil dans les réservoirs des camions. Jonathan n’a absolument rien à voir avec cette histoire. Je devais recevoir une somme d’argent. J’ai utilisé des bidons provenant d’une déchetterie pour transporter le carburant ».
Dubitatif, le tribunal demande à David : « N’essayez-vous pas d’innocenter votre beau-frère car vous avez conscience qu’au vu de ses antécédents, il risque la détention ? » David nie encore.
Le ministère public n’est pas convaincu par la version des prévenus et estime que les faits qui sont reprochés sont caractérisés par les images de vidéosurveillance et par les témoignages des policiers.
Les deux prévenus se sont douchés, pour une seule raison, éliminer les odeurs de carburant, indique le procureur.
Condamné à six mois ferme
Il rappelle également que le duo est en récidive légale et requiert à l’encontre de David la peine de dix mois d’emprisonnement avec sursis et mise à l’épreuve pendant 18 mois avec interdiction d’entrer en contact avec Jonathan. Concernant Jonathan, le procureur requiert la peine de 12 mois d’emprisonnement dont six mois avec sursis et mise à l’épreuve pendant deux ans et demande son maintien en détention.
L’avocat des deux prévenus estime que la vidéo ne permet pas d’identifier Jonathan, « qui lors de son interpellation ne sentait pas le gasoil » et rappelle que ce dernier a un enfant très malade dont il s’occupe à temps plein. Il demande la relaxe.
Pour David, il estime qu’au vu de ses faibles antécédents judiciaires, un travail d’intérêt général paraît plus adapté. Le tribunal déclare le duo coupable des faits qui lui sont reprochés et condamne David à la peine de quatre mois d’emprisonnement avec sursis et obligation d’accomplir un travail d’intérêt général de 105 heures. Jonathan écope de six mois d’emprisonnement avec maintien en détention.
Cette peine est susceptible d’appel. Toute personne est présumée innocente tant que toutes les voies de recours n’ont pas été épuisées
*Les prénoms ont été modifiés
Frédéric Bernard