Franchissement ferroviaire de l’estuaire : une conférence au fil de l’eau… 4ème partie

Franchissement ferroviaire de l’estuaire : une conférence au fil de l’eau… 4ème partie

     Au 12 juillet 2006, date de la parution au journal Officiel de la Directive Territoriale d’Aménagement de l’estuaire de la Seine, 104 courriers ont été adressés depuis le début de la démarche, dont certains en R.A.R. ; 37 % ont reçu une réponse, le plus souvent sous forme d’accusé de réception courtois.

     Au cours du dernier trimestre de l’année 2006, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Havre s’exprime dans la presse locale à propos d’un prétendu besoin de doublement du pont de Tancarville…

     A la question  » Faut-il doubler le pont de Tancarville  » soulevée par la CCI du Havre, figurant dans le titre de l’article du Havre Libre du 19/10/06, voici la réponse d’Antoine Rufenacht :

     « L’un n’empêche pas l’autre », note de son coté Antoine Rufenacht (…) Selon lui, une solution est nécessaire pour Tancarville. « Si les normes de sécurité nous obligent à mettre en place une séparation centrale sur le pont, nous ne seront plus en deux fois deux voies mais en deux fois une voie. Ce sera un énorme goulet d’étranglement et ce sera l’asphyxie pour l’agglomération havraise. » Pour le maire du Havre, un éventuel doublement du pont de Tancarville n’obérerait en rien la réalisation d’un nouveau franchissement ferroviaire de la Seine, ferroviaire celui-ci. « Il n’y a pas lieu de polémiquer, il faut laisser travailler les experts. Pour l’instant, la CCI a raison d’anticiper ce qui pourrait arriver un jour : l’obligation d’installer une séparation centrale sur le pont. »

     De son côté, le conférencier avait suggéré à la CCI, si nécessaire, de supprimer les trottoirs situés à l’intérieur des rambardes et de les rétablir en encorbellement à l’extérieur, pour récupérer la surface réservée à la séparation centrale ; le conférencier découvrira quelques années plus tard que, pour d’autres raisons, cette solution a été adoptée sur le pont d’Aquitaine, dont la répartition des voies de circulation a été modifiée…

     Sur le prétendu besoin de doublement du pont de Tancarville, voici le mot de la fin du Député-Maire de Sainneville / Seine, moins confiant que le Maire du Havre vis-à-vis du comportement (et du but inavoué) de la CCI du Havre :

 

 

     Suite des élucubrations de la CCI dans Le Courrier Cauchois du 18/11/06 :

 » Les conclusions d’une étude commandée au cabinet Isis par la CCI du Havre sur l’opportunité d’un nouveau franchissement de l’estuaire de la Seine pourront paraître très surprenantes. Les auteurs écartent, en effet, l’hypothèse d’une saturation des ponts existants à l’horizon 2020 et préconisent, au-delà, l’étude d’une traversée ferroviaire, sous-fluviale, en amont, entre Barentin, rive droite, et Saint-Sever, rive Gauche, où pourrait être localisée la future gare de Rouen. …/… Les auteurs ont considéré l’estuaire comme « la partie du fleuve s’étendant de Rouen à son embouchure » et se sont refusés à cantonner leur travail « aux flux seuls liés à la région havraise. …/… Les auteurs …/… ne s’étendent pas …/… et n’évoquent pas la nécessité d’un « doublement » du pont de Tancarville avancée le 12 octobre par le président de la CCI du Havre Vianney de Chalus. En revanche, au-delà de 2020, les auteurs disent qu’il n’est pas permis « de conclure que ce diagnostic se prolonge très longtemps ». Le projet maritime qui succédera à Port 2000 devrait accentuer fortement les besoins de desserte routière du Havre à un moment où les gains de productivité pour le fer n’auront plus cours. « les réflexions sur une nouvelle traversée, sous-fluviale, cette fois, de l’estuaire entre Barentin et Saint-Sever trouvent dans cette perspective, pleinement leur intérêt », affirment-ils. En conclusion, ils appellent à « vérifier le plus rapidement possible (…) l’opportunité et la faisabilité technique sur le plan ferroviaire de ce type de traversée ». La SNCF et RFF, qui étudient déjà cette option, estiment que le coût de l’ensemble (gare, ligne et tunnel) approcherait celui de Port 2000 (un milliard d’euros). « 

Apparté sur la notion d’estuaire :


L’estuaire pour les Havrais : de la mer à Tancarville, ou à Caudebec-en-Caux, là où on pouvait observer, il y a plusieurs décennies, le mascaret (zone eau salée + zone eau saumâtre) !

L’estuaire pour les géographes : de la mer aux écluses de Poses, en amont de Rouen ; à partir de cette définition, on peut qualifier un franchissement ferroviaire situé à… Rouen d’être « de l’estuaire » !

     A suivre…

 

 

 

Letoile de Normandie

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