Raymond Bourel, l’un des deux derniers maquisards des Diables Noirs, près de Rouen (Seine-Maritime) était titulaire de la Légion d’Honneur. (©AdobeStock/Illustration)
L’un des derniers combattants du Maquis des Diables Noirs de Saint-Denis-le-Thiboult, près de Rouen (Seine-Maritime) est décédé. Il allait avoir 94 ans. Retour sur une vie héroïque et quelques-uns de ses faits d’armes dans la Résistance.
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« Moustique », c’est sous ce nom qu’il était connu, en 1942, quand il s’est engagé dans la Résistance. Il avait alors à peine 16 ans et c’est dans le groupe des « Diables Noirs » qu’il a choisi de combattre l’ennemi. Raymond Bourel n’avait que 14 ans quand les troupes allemandes ont envahi la France et n’acceptant pas la défaite et la soumission à l’ennemi, l’appel du 18-Juin du général de Gaulle a évidemment fait écho en lui. C’est ainsi qu’il a rejoint les rangs de la résistance.
Connu sous le nom de Moustique dans la Résistance
« On l’appelait Moustique car il était le plus jeune à s’être engagé spontanément dans la Résistance », retrace Pierre Lautard, président des anciens combattants des communes de Ry, Saint-Denis-le-Thiboult, Grainville-sur-Ry et Héronchelles. « Le groupe des Diables Noirs faisait partie du réseau anglais Jean-Marie Bruckmaster et était redoutable. Il était composé d’une vingtaine de maquisards et était dirigé par les frères Boulanger, à Saint-Denis-le-Thiboult », poursuit le président.
Pendant près de trois ans, le jeune maquisard, Raymond Bourel, alias Moustique, sera de toutes les opérations de sabotage et de harcèlement des troupes ennemies. Il prendra également part activement à la réception des parachutages d’armes et de munitions en provenance d’Angleterre.
Raymond effectuait, au nez et à la barbe des Allemands, les liaisons de transports de médicaments entre la Pharmacie du Centre, à Rouen et le maquis. Et lorsqu’il était contrôlé par la Gestapo ou la milice, ils ne trouvaient jamais rien sur lui : il cachait tous les médicaments dans les pneumatiques de son vélo, raconte Pierre Lautard.
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Bravant le danger, les jeunes maquisards des Diables Noirs remplissaient leurs missions en toute discrétion… et pour cause : un poste de commandement d’une division allemande se trouvait tout près du théâtre de leurs exploits. Une proximité dangereuse qui était pourtant l’occasion pour les résistants d’ « écouter et d’espionner l’ennemi, pour transmettre de précieuses informations aux Alliés », constate le président des anciens combattants.
Il ne reste plus qu’un maquisard des Diables Noirs
En mars 1944, les frères Boulanger ont pourtant été arrêtés par la Gestapo. Mais ceci n’a pas empêché le groupe des Diables Noirs de poursuivre la lutte jusqu’à la libération de Ry et Saint-Denis-le-Thiboult. « Raymond était une figure locale. Il était titulaire de la Légion d’Honneur, de la médaille militaire, de la Croix de guerre avec étoile de bronze et de la Croix de guerre avec étoile de vermeil », souligne Pierre Lautard. Aujourd’hui, après le décès de Raymond Bourel, il ne reste plus qu’un maquisard des Diables Noirs, en la personne de Roland Petrel.
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