À Rouen, 117 chaussures rouges ont été déposées au pied de la gare, en hommage aux 117 femmes mortes, tuées par leur conjoint en 2019. (©ML / 76actu)
Des centaines de personnes étaient rassemblées à Rouen et au Havre (Seine-Maritime) lundi 25 novembre 2019, à l’appel des collectifs Droits des femmes, de Rouen et Femmes solidaires, du Havre, pour alerter l’opinion publique sur les violences faites aux femmes, dans le cadre de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes.
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Une chaussure rouge pour une femme tuée
A Rouen, les 117 chaussures rouges ont été déposées au pied de la gare, en hommage aux 117 femmes tuées par leur conjoint en 2019.
Le rassemblement visait à « défendre les vivantes », mais aussi à « honorer les mortes ». Car depuis le début de l’année, les autorités estiment que 117 femmes sont mortes tuées par leur conjoint, et qu’au cours d’une année, 219 000 femmes sont victimes de violences physiques ou sexuelles commises par leur ancien ou actuel compagnon. Le cortège rouennais , composé de plusieurs centaines de personnes, s’est ensuite dirigé vers le théâtre des Arts lors d’une marche improvisée.
Une marche surprise débute dans les rues de #Rouen jusqu’au théâtre des Arts : « Viols, coups, harcèlement. Quand est-ce que ça bouge le gouvernement ? » pic.twitter.com/s78eMi6yVL
— Manon (@manon_leterq) November 25, 2019
Au Havre, le prénom de Johanna, « la 105e », tuée le 16 septembre 2019 dans la cité océane par son ex-conjoint, était sur toutes les lèvres des quelque 250 personnes venus lui rendre hommage, à elle ainsi qu’à toutes les autres.
Jeunes et moins jeunes commencent à se rassembler à l’initiative du collectif @NousToutesOrg, au #Havre. Une soixantaine de personnes actuellement devant l’espace Coty #ViolencesFaitesAuxFemmes pic.twitter.com/KYI3pH3CT1
— Pascal Lefebvre (@PascalLefebvreT) November 25, 2019
Ces rassemblements interviennent alors que le gouvernement a, lundi 25 novembre 2019, par la voix d’Edouard Philippe, annoncé plusieurs mesures dans le cadre de son « Grenelle contre les violences conjugales ». Parmi elles, le renforcement du numéro d’urgence 39 19, plus d’hébergements d’urgence, un secret médical aménagé, la suppression de l’autorité parentale inscrite dans une proposition de loi, deux centres de prises en charge par région, la formation des enseignants ou encore une épargne salariale d’urgence.
« Les femmes exigent de choisir ». Premières prises de parole au Havre. Et premières critiques à destination du #gouvernement. « Le Grenelle des #ViolencesFaitesAuxFemmes se conclut sur… rien. Il ne nous entend pas » @76actu pic.twitter.com/Dx4maQUWt0
— Pascal Lefebvre (@PascalLefebvreT) November 25, 2019
Demandes du collectif
Dans un communiqué, le collectif Droits des femmes de Rouen, qui « milite pour les droits des femmes dans l’agglo de Rouen », recense ses principales revendications. Leurs membres demandent, entre autres, pour une application à l’échelle nationale, plus de moyens à destination des associations d’aide ou des lieux d’accueil, « l’ouverture de places pérennes dans des lieux dédiés pour un hébergement sans conditions », un suivi médical et psychologique gratuit pour chaque femme victime de violences conjugales, ou encore « une autre politique d’éducation nationale intégrant l’apprentissage au respect des autres, au consentement et contre les discriminations. »
Le 39 19 est un numéro d’écoute national destiné aux femmes victimes de violences, à leur entourage et aux professionnels. L’appel anonyme est gratuit 7 jours sur 7, de 9h à 22h du lundi au vendredi et de 9h à 18h les samedi, dimanche et jours fériés. Il est possible de faire un signalement en ligne ou de débuter un tchat avec des professionnels formés, via un outil dédié sur ce site.