Jeudi 14 novembre 2019, Corinne Tanay a publié dans un livre sa contre-enquête sur le décès de sa fille empoisonnée par un traitement à la Josacine. (©Illustration/Adobe Stock)
Jeudi 14 novembre 2019, Corinne Tanay a publié dans un livre sa contre-enquête sur le décès de sa fille, empoisonnée par un traitement à la Josacine contenant du cyanure, il y a 25 ans, à Gruchet-le-Valasse (Seine-Maritime).
Baptisé La réparation volontaire aux éditions Grasset, l’ouvrage retrace sa contre-enquête. Le livre comporte des extraits d’entretiens menés entre la mère de la victime et l’homme jugé coupable dans ce dossier.
« J’ai décidé d’aller à la rencontre de celui qui a été condamné pour ton meurtre. Le temps était venu de se parler, de partager nos doutes, de s’écouter », écrit Corinne Tanay dans son livre.
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Que s’est-il passé chez le couple qui gardait l’enfant ?
Ce dossier a défrayé la chronique judiciaire pendant de nombreuses années. Pour rappel, le samedi 11 juin 1994, à Gruchet-le-Valasse, Émilie Tanay, 9 ans, invitée pour le week-end chez Jean-Michel et Sylvie Tocqueville, meurt empoisonnée par du cyanure, substance qui sera retrouvée dans le flacon du sirop de Josacine qu’elle devait prendre ce week-end-là pour soigner une bronchite.
Jean-Marc Deperrois, collègue et amant de Sylvie Tocqueville, est accusé d’avoir empoisonné ce médicament pour tuer Jean-Michel Tocqueville, provoquant ainsi par erreur le décès de la fillette. Il est reconnu coupable d’empoisonnement avec préméditation de la petite Émilie Tanay, et condamné à 20 ans de réclusion criminelle le 25 mai 1997 par la cour d’assises de Seine-Maritime.
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Un accident domestique ?
En 2002-2003, Jean-Michel Dumay, chroniqueur judiciaire au journal Le Monde, propose une autre hypothèse : un accident domestique que l’on aurait cherché à cacher en empoisonnant la Josacine après coup. De son côté, Jean-Marc Deperrois, libéré en 2006, a toujours réfuté son implication dans le meurtre de la fille de Corinne, Émilie Tanay.
Corinne Tanay a écrit ce livre « parce qu’il y avait des éléments qui n’étaient pas clairs pour le papa d’Émilie et pour moi-même, depuis 1994 », explique-t-elle dans un interview à France Info. Elle émet des doutes sur la culpabilité de Jean-Marc Deperrois, l’ancien adjoint au maire de Gruchet-le-Valasse. Espère-t-elle un nouveau procès ?
« Je suis épuisée. Mon mari est épuisé. Il a fallu 25 années pour tenter de se reconstruire. Moi, je pense que celui qui peut exiger ou envisager un procès, c’est Jean-Marc Deperrois », confie-t-elle à nos confrères de France Info.
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Infos pratiques :
La réparation volontaire de Corinne Tanay aux éditions Grasset disponible dans toutes les librairies. Tarifs : 19 euros.
Le livre de Corinne Tanay, La réparation volontaire, a été publié jeudi 14 novembre 2019. (©Éditions Grasset)