Le Studio, un cinéma de patrimoine, situé rue du Général-Sarrail, au Havre. (©S.B./76actu)
Rue Général-Sarrail, à deux pas de la gare du Havre (Seine-Maritime), existe un cinéma qui a un parfum d’autrefois, un lieu dédié au septième art qui fait revivre sur grand écran les films qui ont contribué à écrire l’histoire du cinéma.
Le Studio a été créé en 1999 par Christian Zarifian, cinéaste et producteur, cinéphile averti. Depuis 20 ans, et malgré la disparition du réalisateur en 2010, la salle continue de faire vivre l’émotion du cinéma sur grand écran. Céline Girout et David Lheureux animent le lieu, proposant une programmation riche et variée à un public tout aussi divers.
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Les grands classiques du cinéma
Céline Girout et David Lheureux continuent de défendre le cinéma de patrimoine et font vivre le Studio, la salle créée par Christian Zarifian en 1999. (©S.B./76actu.)
Quand Christian Zarifian a créé le Studio, l’Eden (ancienne salle d’art et essai, installée dans le Volcan) et le Sirius existaient, mais le passionné de cinéma a souhaité ouvrir un autre lieu pour célébrer le cinéma de patrimoine :
L’Eden et le Sirius diffusaient des films d’actualité, des sorties nationales. Christian Zarifian voulait proposer au public de découvrir les grands classiques de l’histoire du cinéma dans de bonnes conditions. Souvent, les gens parlent de vieux films. Au Studio, on peut voir des films de patrimoine. Connaître les films d’autrefois, cela permet de saisir les enjeux et références du cinéma d’aujourd’hui, expliquent Céline et David.
Films japonais des années 50, comédies italiennes ou encore films gores ou d’horreur cultes… les programmateurs ne s’interdisent rien. Un seul mot d’ordre : liberté et culture !
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Un public de fidèles
Le cinéma dit beaucoup sur notre société, son évolution. Ainsi, renouer avec des films d’autres époques, c’est opérer un voyage dans le temps et penser notre monde contemporain, comme le souligne David :
Certains films auraient été interdits de nos jours. On se rend compte, en regardant d’anciens films, que c’était possible à une époque de dire certaines choses. Il y avait une bouffée de fraîcheur.
Au Studio, il est possible de voir des films oubliés, voire inédits en salle : « Chaque mois, nous proposons un panel de films variés tant au niveau des époques que du genre. Il faut essayer de mixer entre grands classiques et découvertes, afin de couvrir un spectre de films assez large », explique Céline.
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Une petite salle de quartier
La salle dispose de 84 places. (©S.B./76actu.)
Cette petite salle qui affiche une jauge de 84 places survit grâce à la passion de Céline et David.
Nous sommes soutenus par la Ville, la DRAC, le CNC, mais c’est une économie fragile. Il faut multiplier les initiatives et soirées pour faire vivre ce site. Le Studio est une véritable exception havraise. Nous faisons le travail d’une cinémathèque. À ma connaissance, seule Nantes conserve une salle de ce type : Le cinématographe.
Le Studio mise également sur les ressorties de films et les rééditions en numérique. « Cela nous permet de proposer des choses que même des cinéphiles pointus n’ont jamais vues. »
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Un cycle annuel, un fil rouge
Tous les ans, le Studio s’appuie sur un cycle annuel, une thématique qui sert de fil rouge. Cette année, place à la nouvelle vague ou plus précisément aux nouvelles vagues. Céline détaille :
Ce cycle est la colonne vertébrale de la programmation. À partir de là, on articule nos différents rendez-vous avec l’ensemble des partenaires que nous avons et ils sont nombreux : Polar à la plage, Havre de cinéma, La poudrière.
Ouvert 7 jours sur 7, le Studio enregistre 19 000 entrées annuelles. « Christian Zarifian nous disait toujours que si on atteignait les 10 000, on était heureux. En maintenant le Studio, nous essayons de maintenir cette histoire et de prolonger ce travail de mémoire qu’avait initié Christian. »
« Se laisser surprendre »
Et ça marche ! la salle est appréciée et a trouvé son public : des scolaires aux cinéphiles, en passant par les curieux.
Il faut accepter de se laisser surprendre. Les passionnés de cinéma ont découvert chez nous des films auxquels ils n’auraient jamais osé se confronter. Nous sommes là pour encourager cette découverte. Puis, le cinéma sur grand écran, ça n’a rien à voir avec les projections chez soi, insistent les deux fervents défenseurs des salles obscures.
Ouvrir le regard et éveiller tout le monde à l’image, tels sont les objectifs poursuivis par Céline et David.
Proximité et échanges
À l’accueil, il est possible de consulter ouvrages et documents sur le cinéma. (©S.B./76actu.)
Parce que le Studio est une petite salle, c’est encore un endroit où on échange, on discute.
Puis, nous disposons d’un espace d’accueil où le spectateur peut venir consulter des ouvrages sur le cinéma. C’est un lieu de discussions. Nous restons sur une échelle humaine. C’est ce que voulait Christian et c’est l’esprit que nous faisons perdurer.
Passeurs d’images, d’histoires et de savoirs, Céline et David défendent une vision du cinéma : celui qui transforme, éduque, nourrit et cultive. Bref, un cinéma qui forme des citoyens…
Infos pratiques :
Le Studio, 3 rue du Général-Sarrail, au Havre.
Le programme en intégralité, ici.