Les opérations de nettoyage doivent permettre de récupérer les résidus déposés le long des quais de Seine à Rouen (Seine-Maritime). (©Capture d’écran/Facebook/Jules AL)
Une vidéo publiée samedi 19 octobre 2019, sur les réseaux sociaux alimente vives discussions et rumeurs. Au total, au 23 octobre 2019, sur Twitter et Facebook, plus de 6400 internautes l’ont regardée. Sur celle-ci, on voit des agents équipés d’une combinaison jaune, nettoyant les berges de la Seine à Rouen (Seine-Maritime) à l’aide d’un jet d’eau.
L’auteur de la vidéo, commente du haut du Pont Flaubert : « Nettoyage en cours et pas près d’être terminé. Les hydrocarbures nettoyés partent dans la Seine. Je ne suis pas expert en nettoyage, mais cela parait bien curieux comme procédé. »
#Lubrizol #Rouen nettoyage bien loin d'être terminé en ce 19 octobre.
Karcher pour nettoyer les rochers. Tout part a la Seine, pas de pompage …
😭 pic.twitter.com/ffasIBR1bX— Jules (@Jules77303539) October 19, 2019
Nappes d’hydrocarbures collectées
Si l’on voit en effet des hommes équipés d’une combinaison jaune nettoyant les rochers, ceux-ci ne sont toutefois pas équipés d’un nettoyeur à haute-pression, comme le commentaire le laisse supposer, mais ont à la main un « lance-impact qui tourne à cinq bar et est fait pour préserver le caillou, pour ne pas décrocher son fil biologique », détaille Nicolas Tamic, responsable des opérations au Cèdre, une association à mission de service public agréée par l’État, experte en pollutions accidentelles des eaux.
La structure a été mandatée par le ministère de la Transition écologique et solidaire afin de contrôler les différentes étapes de nettoyage, toujours en cours sur les berges de la Seine. Les opérations sont réalisées par la société Séché urgences interventions (SUI).
Le responsable de l’association ajoute : « Cela [permet de] décrocher le pétrole qui va se répandre sur l’eau. Ensuite un navire-collecteur qu’on voit au fond va récupérer le pétrole. Mais la personne qui a filmé la vidéo n’y connait rien en nettoyage ! Elle oublie de dire qu’au fond de la darse il y a un gros barrage. Elle oublie aussi de dire qu’il y a ce petit navire situé à gauche qui est chargé de collecter le pétrole. »
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C’est ensuite le système de décantation qui va séparer l’eau de l’hydrocarbure, puis décharger la cargaison dans deux camions-citernes, des hydrocureurs, visibles le long des berges, mais qui n’apparaissent pas sur la vidéo. L’un est chargé de récupérer l’hydrocarbure, le second l’eau, afin de la traiter.
« Ce qu’on peut dire, c’est que les processus sont particulièrement bien respectés, pour une préservation à terme de la nature », accentue le professionnel.
« La meilleure solution possible »
Même son de cloche du côté de l’association Robin des Bois. Jacky Bonnemains, son président, conteste le champ de vision de la vidéo, qui ne laisse voir ni le barrage, ni les bateaux. En cette période propice aux interrogations multiples au sein de la population, il tonne :
Nous sommes dans une situation d’urgence, et les gens ne montrent qu’une partie des choses ou ne veulent comprendre qu’une partie des choses !
Reste qu’il approuve la méthode appliquée le long des berges : « C’est la meilleure solution possible pour débarrasser les rochers de l’enduit visqueux, même si on ne peut pas exclure qu’une partie des effluents partent dans la Seine. Mais alors que faudrait-il faire : retirer les rochers ? Et pour les mettre où ? »
Cette solution, encadrée par le Cèdre, est toujours selon lui utilisée pour lutter contre les marées noires.
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