Les familles des victimes et victimes de l’incendie du Cuba libre ont écouté l’énonciation de la peine prononcée par le tribunal à l’encontre des anciens gérants du Cuba libre, mardi 22 octobre 2019. (©RT/76actu)
« Nos enfants ont pris perpète ! » Le cri, dans la salle d’audience, de la mère de Florian Dignetai, mort dans l’incendie du bar le Cuba libre, en dit long sur le ressenti des familles meurtries après l’annonce de la condamnation des anciens gérants. Nacer et Amirouche Boutrif ont été condamnés à cinq ans de prison, dont deux ans avec sursis et mise à l’épreuve, mardi 22 octobre 2019. « Vous avez vu l’état dans lequel est ma femme, vous croyez que c’est normal ? On n’a plus de vie », s’emporte Thierry Dugnetai à la sortie du tribunal.
Une décision « grave et intolérable »
Pour le père de Mégane, 20 ans, décédée lors du drame, cette décision de justice est « grave et intolérable » :
Trois ans par rapport à tous les faits reprochés… En déclarant une peine aussi faible, la justice vient d’autoriser les tenanciers d’établissements accueillant du public à pouvoir continuer à détourner la loi en matière de sécurité, sans risquer d’avoir une peine importante.
Johnny Autin parle d'une décision de justice "très grave, intolérable" #CubaLibre pic.twitter.com/SehSsQwf1x
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Pour Thierry Dugnetai, « ça ne peut pas continuer comme ça ; on va voir avec les autres parents ce qu’on peut faire ».
« Rien ne nous aidera à faire notre deuil »
Même si la peine maximale de cinq ans de prison ferme avait été prononcée à l’encontre des frères Nacer et Amirouche Boutrif, elle « n’aurait jamais convenu », selon Rémy Hubert, père de Zac, DJ du Cuba libre, mort dans la nuit du 5 au 6 août 2016.
« Mettre une peine de prison devant 14 morts, c’est indécent. De toute façon, nos enfants ne reviendront pas, rien ne nous aidera à faire notre deuil. Le jour où je fermerai les yeux, vous direz : ‘Rémy Hubert à fait son deuil’. »
« Rien ne nous aidera à faire notre deuil », déclare le père du DJ du #CubaLibre Remi Hubert pic.twitter.com/1U40G1brzZ
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Les condamnés ont dix jours pour faire appel de cette décision. « Pour l’instant, ce n’est pas quelque chose dont on a discuté », explique Me Akli Ait Taleb, conseil de Nacer Boutrif. De son côté, le parquet dispose également de dix jours pour interjeter appel.