Près de 200 personnes sont venues échanger avec le maire Gilbert Renard (centre), la première adjointe Marie-Françoise Guguin et de Philippe Goudé sur la position de Bois-Guillaume (Seine-Maritime) concernant le PLUI. (©Le Bulletin)
Gilbert Renard, maire de Bois-Guillaume, près de Rouen (Seine-Maritime) et sa première adjointe, Marie-Françoise Guguin, ont expliqué aux habitants les points de désaccords de la municipalité avec le projet de Plan Local d’Urbanisme intercommunal (PLUi) qui doit être voté en février 2020.
Près de 200 personnes se sont déplacées à l’espace Guillaume Le Conquérant de Bois-Guillaume, lundi 23 septembre, pour avoir un complément d’informations et d’explications quant au projet de PLUI lancé par la Métropole Rouen Normandie il y a maintenant trois ans. Projet avec lequel la majorité en place est en désaccord sur un certain nombre de points. Elle tente de faire entendre sa voix au sein du conseil métropolitain qui réunit les 71 communes concernées par ce PLUI.
Le zonage
Différents quartiers de Bois-Guillaume ont été ciblés pour être urbanisés, de manière à ce que la commune soit conforme à la loi SRU (Solidarité et de renouvellement urbain) qui impose à chaque ville de plus de 3 500 habitants, un pourcentage de 25 % de logements sociaux sur son territoire.
Avec seulement 9 % de logements sociaux, Bois-Guillaume a reçu une pénalité de 180 000 € pour non-respect de la loi. Pour pouvoir être conforme, il faudrait à la municipalité la construction de 600 logements sociaux.
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Défendre la qualité de vie des habitants
Gilbert Renard admet que la commune doit combler son retard, néanmoins il refuse de « ghettoïser » certains quartiers de Bois-Guillaume :
Chaque ville à son histoire. Il faut que des personnes plus modestes puissent venir s’installer à Bois-Guillaume ou que les enfants des habitants actuels puissent y rester. Mais il est hors de question de parquer les gens. On ne fera pas à Bois-Guillaume un quartier avec 100 % de logements sociaux pour pouvoir combler notre déficit. Il faut une mixité sociale, mais on ne va pas faire que construire au détriment de la qualité de vie des habitants.
Pour la majorité en place, il est primordial que Bois-Guillaume conserve ses espaces verts.
Le stationnement
Sur cette question, le PLUI prévoit une refonte du stationnement, point sensible sur lequel la municipalité en place n’est absolument pas d’accord. Actuellement, la loi prévoit une place de stationnement pour 30 m2 . Avec le PLUI, ça sera une place pour 100 m2. « Cette mesure est impossible et va tuer les commerces de proximités, il faut la réviser, nous n’avons pas le souhait de devenir une ville-dortoir », dit Gilbert Renard.
Piscine
Concernant le projet de rénovation de la piscine de Bihorel, Gilbert Renard informe que celui-ci a été entériné : « C’est terminé ! La rénovation nous aurait coûté cinq millions d’euros, alors que seulement 20 % des habitants de Bois-Guillaume l’utilisaient. Nous avons estimé qu’il était plus judicieux d’investir dans les crèches pour un prix similaire, mais que 90 % des habitants de la commune les utilisent. »
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Un message en vue des élections municipales
Sur ces différentes réformes, Gilbert Renard a insisté sur le fait que si ce projet de PLUi est validé lors du conseil métropolitain du 5 février 2020, la population locale ne pourra pas en tenir rigueur à la majorité en place lors des futures élections municipales. « On ne peut pas être sanctionné sur quelque chose qui nous est imposé par une majorité, qui ne dépend pas de Bois-Guillaume mais de la Métropole ».
La consultation s’arrêtait le 1er octobre et le public a regretté que la municipalité n’ait pas organisé pas avant cette soirée d’information. Gilbert Renard a plaidé pour sa défense que « ce PLUI c’est le projet de la Métropole, pas celui de Bois-Guillaume. C’était à elle de l’organiser. Nous avons souhaité cette soirée pour vous informer et échanger en vous expliquant clairement quelle sera notre position lors du vote. Ce sera difficile, mais il y a encore une chance de retarder l’échéance et de retravailler sur certains points qui ne nous conviennent pas. » Une dernière prise de parole qui a peiné à convaincre l’assemblée présente qui a compris que les dés sont pratiquement jetés.