Amiante, extension de Lubrizol, odeurs… Le préfet répond aux attaques après la catastrophe

Amiante, extension de Lubrizol, odeurs… Le préfet répond aux attaques après la catastrophe

Retour sur la conférence de presse de la préfecture de Seine-Maritime, mardi 1er octobre 2019, en cinq questions.

Retour sur la conférence de presse de la préfecture de Seine-Maritime, mardi 1er octobre 2019, en cinq questions, suite à l’incendie de Lubrizol, à Rouen (Seine-Maritime). (©RT/76actu)

Mardi 1er octobre 2019, le préfet de Normandie a tenu une conférence de presse et a répondu à de nombreux questionnements de la population de Rouen, suite à l’incendie de l’usine chimique, Lubrizol. Retour sur cette conférence de presse en cinq questions qui s’est déroulée pendant la manifestation qui a rassemblé plusieurs milliers de personnes.

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1. Pourquoi la liste des produits entreposées dans l’usine est publiée si tard ?

Pierre-André Durand a promis que la « liste des produits entreposés dans l’usine seront publiés sur le site de la préfecture », ce mardi, dans la soirée. Il rappelle que si cela n’a pas été fait auparavant, c’est directement lié à « une préconisation qui date de 2017, qui interdisait aux usines Seveso de publier les substances qu’elles utilisent, en raison des risques terroristes ». Vers 20h15, un communiqué de la préfecture a effectivement annoncé que les derniers résultats d’analyses étaient en ligne. 

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2. L’amiante, où est-on ?

Concernant la toiture qui contenait de l’amiante et qui a brûlé, Patrick Berg, le directeur de la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal) de Normandie, a assuré que « les résultats sont tous négatifs ».

On ne détecte aucune fibre d’amiante sur les surfaces. Et dans l’air, le niveau est extrêmement faible. Il est inférieur aux seuils. On attend le résultat d’une deuxième série de relevés.

En revanche, des fragments de fibrociment, qui composaient la toiture de l’usine, ont été projetés dans les environs à la suite se son explosion. Ces fragments comportent de l’amiante et le préfet a demandé « aux particuliers, aux entreprises et aux riverains de ne pas y toucher », assurant que des entreprises spécialisées seront chargées de les éliminer.

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3. Le benzène en quantité dans l’air, doit-on s’inquiéter ?

Des mesures de benzène dans l’air ont été enregistrées en plus grande quantité que d’habitude, les Rouennais doivent-ils s’inquiéter ? « C’est normal qu’il y ait un taux de benzène élevé car c’est une molécule que l’on retrouve dans les hydrocarbures. Mais il ne s’agit pas d’une quantité qui représente des risques pour la santé publique », souligne Patrick Berg, le directeur de la Dreal. 

Les services de l’État ont cependant reconnu qu’il était important de suivre ces mesures dans la durée ainsi que la quantité de molécules présentes dans l’air. Des campagnes des prélèvements de l’air mais aussi des eaux et des sols seront poursuivis dans le temps pour évaluer les risques sanitaires dans la durée.

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4. Quand vont disparaître les odeurs ?

« Les mauvaises odeurs devraient être atténuées, voire disparaître d’ici à la fin de la semaine », assure le préfet. D’abord parce que le fûts sont refroidis sur le site de Lubrizol. Ensuite, parce que la nappe de boue, d’huile, d’eau et de mousse, qui a été projetée par les pompiers pour éteindre l’incendie, va être pompée.

Il est également rappelé, lors de la conférence de presse, que le voisin de Lubrizol, Normandie logistique, dont un hangar a aussi brûlé, est également en cause dans l’émanation de l’odeur. 

Reste le problème des fûts. Il y en a 1 000 sur le site de Lubrizol à évacuer. « 160 fûts dans un état délicat restent à évacuer de l’usine. Cela va être fait selon un protocole établi », souligne la préfecture. « Ces fûts contiennent des agents chimiques qui en chauffant peuvent générer des vapeurs gazeuses de mercaptan et d’hydrogène sulfuré. II faut donc les manipuler avec précautions », ajoute Patrick Berg, le directeur de la Dreal. 

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5. Quid des arrêtés d’extension autorisés à Lubrizol ?

Le site internet Actu Environnement a publié un article, lundi 30 septembre 2019, dénonçant deux demandes successives d’augmentation des quantités de substances dangereuses, le 15 janvier et le 19 juin 2019, pour le compte de la société américaine Lubrizol. Des demandes qui auraient été acceptées par la préfecture de Seine-Maritime.

Questionné sur ce sujet, le préfet n’a pas démenti avoir pris ces deux arrêtés. « Le premier arrêté portait sur la réorganisation de stockage du site, et non sur une augmentation de quantités de substances dangereuses. Et cela ne concerne pas les bâtiments incendiés », a-t-il expliqué. Et à propos du deuxième arrêté, il rappelle que ce dernier n’a pas reçu d’exécution à ce jour.

Le préfet assume complètement avoir pris ces deux arrêtés et répète que cela n’a rien à voir avec l’incendie. « Lubrizol est une maison sérieuse qui ne fait pas n’importe quoi avec la réglementation », complète le directeur de la DREAL.

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