A Rouen (Seine-Maritime), une quarantaine de personnes indignées s’est rassemblée sur le parvis de la préfecture pour demander « la vérité » au lendemain de la catastrophe de Lubrizol. (©AV/76actu)
Vendredi 27 septembre 2019, au lendemain de l’incendie de Lubrizol, une quarantaine d’habitants s’est rassemblée devant la préfecture de Rouen (Seine-Maritime). Ils demandent « des comptes » aux autorités.
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Un collectif « Contre Lubrizol »
En fin d’après-midi, une quarantaine de personnes indignées s’est rassemblée sur le parvis de la préfecture de Rouen. Pour la plupart munis de masques, ces citoyens ont décidé d’agir pour dénoncer ce qu’ils considèrent comme des manquements. « On est ici pour demander des explications à la préfecture mais aussi pour discuter entre nous des actions qu’on pourrait entreprendre », explique Nicolas Huet de Barros, l’un des organisateurs.
Suite à cette catastrophe sanitaire, tout le monde a été surpris par le manque d’informations des autorités, continue-t-il.
S’étant concertés sur les réseaux sociaux, notamment via des groupes de gilets jaunes, ces citoyens remettent en cause le déroulé sécuritaire des événements. « L’incendie a commencé à 2h48 mais les riverains aux alentours n’ont entendu une alarme que vers 7 heures du matin », raconte Valérie Tanchon, l’une autre organisatrice du mouvement. « On considère qu’ils n’ont pas pris la mesure des risques », ajoute Nicolas Huet de Barros.
Le ministre @jmblanquer explique que les écoles, collèges et lycées ont été nettoyés « à l’eau », selon un protocole spécial, pour permettre une reprise normale des cours lundi matin #Lubrizol #Rouen : pic.twitter.com/aRTuHbXqP4
— Astrid Verdun (@AstridNudrev) September 27, 2019
Vers une action en justice
Quant à la non-toxicité aiguë des fumées d’hydrocarbures établie par la préfecture, ils n’y croient pas et y opposent de multiples témoignages concernant leurs entourages respectifs : « J’ai une amie qui dormait avec sa fenêtre ouverte au moment de l’accident. Le lendemain, elle est allée à l’hôpital car ses yeux et sa langue lui piquaient », raconte notamment Valérie Tanchon. Elle résume ainsi le rassemblement : « On s’est réuni car on estime qu’on nous cache la vérité et on veut le dire ».
En colère, ils avaient déjà décidé avant le regroupement de fonder un collectif « Contre Lubrizol » avec pour but de porter plainte contre l’entreprise et les autorités. Ayant déjà contacté une avocate, ils souhaitent maintenant réunir des témoignages pour attaquer en justice l’entreprise et la préfecture.
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Dans le même temps, d’autres citoyens ont lancé une pétition en ligne pour demander une enquête sur les conséquences sanitaires et environnementales de l’accident industriel. Au lendemain des faits, elle réunit plus de 7 000 signatures.